Camille Chenal travaillait dans l’industrie musicale à Paris, avant de fonder à Marseille en 2021 son association Sororo Club. De cette expérience, elle avait saisi les failles, en termes d’égalité et d’inclusion, de ce milieu dominé par les hommes. Elle avait déjà créé à Paris une émission sur la web radio associative Station Station, installée dans le lieu alternatif La Station.
Pour ce programme, elle invitait une DJ à proposer une tracklist uniquement composée par des productrices et personnes queer. Cette émission s’intitulait Sororo Club, comme un clin d’œil aux Boys Club, réseau informel privé et masculin basé sur l’entraide et la cooptation. En toute logique, quand elle a monté son projet associatif, mis en couveuse à l’Ami (Aide aux musiques innovantes), elle a repris ce nom. C’est à ce moment-là qu’elle a commencé à faire de la musique électronique sous l’alias Mila Necchella, dans les esthétiques bass music, bouncy, « des sons dansants et joyeux, avec des vocaux », dit-elle.
En marge de ses projets musicaux (elle officie aussi au sein du duo Pristine Pit qu’elle forme avec Since Charles), Camille Chenal est donc coordinatrice de Sororo Club. Un projet qu’elle porte en solo mais avec conviction et qui est associé, durant la saison 2025-2026, à l’Espace Julien. « Je voulais créer comme une boîte à outils pour permettre aux artistes minorisé(e) s de développer leur carrière », explique-t-elle. Sororo Club s’appuie sur quatre piliers : l’événementiel en organisant « des soirées qui mettent en avant la scène émergente féminine et queer ».
L’accompagnement professionnel avec des ateliers, stages, masterclasses, à l’image de Sororo Lab qui a eu lieu en 2023 et 2024, en partenariat avec le Cabaret Aléatoire et le soutien du CNM : soit 10 masterclasses animées par des artistes internationales. Un autre volet est consacré au jeune public autour d’ateliers, comme ce fut le cas avec Babel Minots, pour à la fois initier les enfants à la musique électronique et les sensibiliser à l’égalité des genres dans ce milieu. Enfin, avec la DJ Yenkov, elle a créé un outil de référencement des artistes femmes et queer à Marseille, La Ref, mis à disposition des pros.
« J’avais envie que le projet proposé à l’Espace Julien ressemble à Sororo Club, confie-t-elle, avec la volonté d’utiliser les quatre lieux associés à la Responsabilité des Rêves (asso qui gère la salle de concerts du cours Julien, Ndrl)« . Au programme : 2 événements festifs avec un line-up féminin et queer au Café Julien (prochain, le 13 mai), 2 Sororo Air Gigs (des sessions d’une heure de répétition pour les DJs dans des conditions pros), 4 masterclasses au Makeda, un atelier Sororo-Kidz au Théâtre de l’Œuvre et un cercle de paroles, inspiré du protocole de l’asso parisienne Réinventer la nuit, sur les violences dans l’industrie musicale à La Meson.
Sur inscription sur les réseaux sociaux de Sororo Club. espace-julien.com