COURRIER INTERNATIONAL : Que faisiez-vous le soir du 13 novembre 2015 ? Comment avez-vous appris que des attentats étaient en cours ?

JOËLLE MESKENS : J’avais dîné très tôt à Paris ce soir-là et j’étais repartie, parce que j’habitais à la campagne avec mes enfants. Au moment de rentrer, je reçois un coup de fil de ma rédaction à Bruxelles me disant que des coups de feu ont été entendus dans Paris et qu’il y a eu une explosion au Stade de France. On n’a pas réalisé tout de suite ce qui était en train d’arriver, cela paraissait inconcevable. Je me souviens de la conversation avec mon chef de service. On s’est dit qu’on allait attendre quelques minutes pour voir ce que ça pouvait être. Il a fallu cinq, dix minutes pour réaliser l’ampleur de la situation. Dès que l’information que plusieurs attaques étaient en cours s’est confirmée, je suis immédiatement revenue à Paris et j’ai fait un premier article pour l’édition qui partait immédiatement. Ensuite, j’ai passé la nuit dans les rues de Paris, dans les environs du Bataclan, jusqu’à l’aube.

Que retenez-vous de cette nuit dans Paris ?

Ce sont les images qui sont évidemment inoubliables, même dix ans après. Ce sont les victimes qui sortent du Bataclan. Je me souviens de personnes qui erraient dans Paris avec leur couverture de survie p