Aurélien Tchouameni et Adrien Rabiot absents, le lieutenant Manu Koné va passer son premier grand test au milieu de terrain de l’équipe de France lors du match décisif des qualifications du Mondial 2026 contre l’Ukraine, jeudi 13 novembre au Parc des Princes où la pression risque d’être à son comble.
Titulaire régulier depuis son arrivée en bleu il y a 14 mois, le Romain va cette fois découvrir le contexte particulier d’une rencontre à enjeu puisque c’est ni plus ni moins qu’une partie du destin des Tricolores qui se jouera dans le stade de la Porte de Saint-Cloud. Didier Deschamps et ses troupes auront besoin de l’appétit de Koné à la récupération pour décrocher une victoire qui assurerait leur billet pour la Coupe du monde aux États-Unis, Canada et Mexique (11 juin-19 juillet), avant même le dernier match en Azerbaïdjan, dimanche.
Indispensable ces derniers mois
Le natif de Colombes, qui aura sur ses épaules la responsabilité d’animer le double pivot du 4-2-3-1 français, sans doute aux côtés du vétéran N’Golo Kanté (34 ans), s’est progressivement imposé chez les Bleus après l’Euro 2024. Il a ainsi joué 11 des 14 rencontres de la sélection depuis, dont huit comme titulaire. Koné aurait même pu faire mieux, il en a manqué une partie en raison d’une suspension pour excès de fougue, deux jaunes reçus lors de ses deux premières sélections qui n’ont pas freiné son intégration.
Face à ce test de personnalité dans un match capital, le joueur de 24 ans peut se prévaloir de son attitude détendue face à la pression et de sa confiance en lui, perceptibles dans ses interventions médiatiques avant comme après les matchs. « J’ai toujours eu une petite personnalité dans toutes les équipes où je suis allé, même en équipe de jeunes », racontait-il en octobre.
« Un mental d’acier »
Koné puise notamment cette force de l’épreuve d’une très grave blessure au centre de formation de Toulouse. « Je reviens de très loin, j’étais en fauteuil roulant pendant très longtemps. Des choses comme ça font que j’ai de la force et m’ont permis de me forger un mental d’acier », se souvenait-il lors de sa première convocation en septembre 2024.
Depuis, il n’est plus jamais sorti du groupe, et le voilà dans un des premiers rôles face aux Ukrainiens. « Il a eu de la chance, dès qu’il est venu, il a joué directement et il a tout de suite montré ses qualités, disait au rassemblement d’octobre William Saliba. Manu je le connais depuis qu’on est jeune vu que j’étais son capitaine en sélection de jeunes. C’est un très bon joueur, ça fait plaisir de voir qu’il s’impose petit à petit dans cette équipe de France. »
« Manu c’est un sacré joueur, un jeune qui progresse très vite, ajoutait le gardien Mike Maignan. Ce qu’il fait c’est très bien, il aide beaucoup l’équipe, et il a encore une grosse marge de progression. »
« Sous-coté » d’après « DD »
Deschamps a même déploré que le Romain fasse « partie des joueurs sous-cotés ». « C’est très gentil que le coach ait dit ça, je ne sais pas quoi dire… Comme j’ai quitté la France très tôt, peut-être que ce que je fais en Serie A ne s’est pas vu. Mais je le fais depuis très longtemps, c’est juste que j’avais moins de constance, répondait Koné après le nul en Islande (2-2) en octobre. En arrivant à la Roma, j’ai trouvé cette constance », a répliqué Koné.
Parti à 20 ans à Mönchengladbach avant de rejoindre la Ville éternelle en 2024, l’ancien du Paris FC (de 11 à 14 ans) a progressé loin du public français, il n’a joué qu’une demi-saison en L1 avec le Téfécé, et une en Ligue 2.
Il poursuit son ascension sous les ordres de Gianpiero Gasperini à la Roma, qui fait la course en tête cette saison en Italie. « J’aime ce genre de coach, il est très dur avec moi parce qu’il pense que je suis un très bon joueur et que je peux emmener l’équipe vers le haut. En sélection, c’est les mêmes exigences avec le coach Deschamps », dit Koné. Des exigences de plus en plus élevées que ce titulaire en puissance devra savoir gérer et assumer jeudi contre l’Ukraine.