Publié le
10 nov. 2025 à 15h25
Samedi 8 novembre, dans une atmosphère emplie d’émotion, le maire de Trédrez-Locquémeau Joël Le Jeune a inauguré une stèle en hommage « aux marins de Locquémeau disparus en mer ».
« Ce projet de monument en hommage aux marins péris en mer a pris vie suite à la disparition de Jean-Philippe Nédélec en mai 2024 et dont le corps, à ce jour, n’a pas été retrouvé. »
Joël Le Jeune, maire de Trédrez-Locquémeau
Un événement très choquant qui a créé le besoin d’un lieu de recueil, pour son père Claude et toute la famille, mais également pour les descendants de tous ceux qui ont péri en mer au large, voire dans le port de Locquémeau.
Afin de n’oublier personne, y compris ceux disparus en mer durant la guerre, la municipalité a pris la décision de ne graver aucun nom sur la stèle.
Sept accidents graves en un siècle
Joël Le jeune a relaté les sept accidents graves les plus récents, qui se sont produits entre 1904 et 2024 avec pour conséquence « une quinzaine de marins morts ». Des faits d’autant plus éprouvants pour leur entourage que souvent, l’accident concernait plusieurs membres d’une même famille. Après avoir énuméré les noms de ces marins péris en mer, Joël Le Jeune a fait observer une minute de silence.
Pour les artistes, « c’est un honneur »
Trois artistes ont été sollicités : David Puech, sculpteur, Pierre Malissin, compagnon tailleur de pierres, et Laurent Quinquis, graveur.
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« Avoir réalisé ce monument est un honneur, un travail chargé d’émotions et avec beaucoup de sens. »
Les réalisateurs de la stèle
Pierre Malissin qui a réalisé le socle et la pose de l’ensemble de la pierre du soubassement, précise : « Le granit du soubassement provient de Huelgoat et je lui ai donné une forme de parallélogramme aux bords arrondis afin de se fondre dans le paysage ».
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La vague comme symbole
Le granit travaillé provient des anciennes carrières situées au Vieux-Marché, aux Sept-Saints, exploitées par la famille Hernot, célèbre pour ses créations de calvaires les plus remarqués de Bretagne.
Pour David Puech, la vague est le point commun entre la terre et la mer : « La vague qui emmène et qui ramène le marin, et parfois le garde avec elle ».
Le sculpteur, très ému, explique que tout comme on ne prend pas la vague de front, la sculpture de la pierre, matière vivante, devait en faire de même.
« La vague vient épouser avec tendresse la présence du vivant. »
David Puech, sculpteur
Un travail de six semaines qui l’a beaucoup touché.
De l’émotion pour les familles
L’émotion était palpable dans le public. Particulièrement chez Claude, le père de Jean-Philippe. Et également chez Lina, petite-fille de Joseph Ballier. Ce dernier est décédé en 1935, il s’est noyé en arrivant au port, devant les yeux de son épouse Cécile Doyen.
« Même si son corps a été retrouvé un mois après sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, sa mémoire de marin reste à jamais vivante avec ce monument face à la mer et j’en suis très touchée. »
Lina, petite-fille d’un marin décédé
À la demande des marins pêcheurs encore vivants, qui ne souhaitaient pas que le monument soit installé au port, la municipalité a opté pour l’ancien emplacement du pylône d’alignement pour rentrer dans le port, situé au bout de Hent an Aod.
Dominique Batton
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