Par

Laurent Fortin

Publié le

12 nov. 2025 à 17h23

Le prévenu a désormais emménagé chez sa mère à Bouguenais. Car son logement précédent était « trop cher » et qu’il a « un peu plus de sous » depuis qu’il est « chez sa maman ». Convoqué au palais de justice de Nantes, il a toutefois été déclaré « pénalement irresponsable » de ses actes : un expert a conclu à « l’abolition » de son « discernement » au moment des faits au vu du « certain nombre de troubles » qu’il avait.

Le jeune homme avait en fait appelé « six fois » le magasin Grand frais de Haute-Goulaine le 17 septembre 2023 pour « insulter une employée » qui était finalement « en vacances à ce moment-là », a retracé la présidente du tribunal correctionnel de Nantes à la lecture des pièces du dossier. Il avait aussi proféré des insultes similaires à l’encontre de Polaris Production, la boîte de production qui devait monter « la représentation théâtrale de la Belle et la Bête », un « spectacle immersif féerique » qui a rassemblé « 60 000 spectateurs » au château de Goulaine, sur deux éditions.

La présidente ne s’est donc pas attardée sur le fond du dossier, s’intéressant plutôt à la personnalité de ce prévenu sans avocat : il « travaille en insertion » mais n’a « pas de piste » pour le « service civique » qu’il aimerait faire. Par ailleurs, cet accusé lui avait fait savoir qu’il n’avait « plus de vie sexuelle » depuis qu’il suivait un traitement « très fort ».

Il voulait « récupérer son argent »

Aucune des victimes ne s’était constituée partie civile dans ce dossier qui devait initialement faire l’objet d’une composition pénale, c’est-à-dire une alternative au procès public, mais qui s’était soldée par un « échec ». Le prévenu a par ailleurs été « hospitalisé deux fois d’office » depuis les faits, ce qui l’a « empêché d’être jugé » plus tôt a noté la présidente du tribunal.

Le procureur de la République avait estimé qu’il n’y avait « aucune discussion » à avoir sur les faits.

L’ensemble du personnel du magasin a été inquiet : ses menaces pouvaient avoir des conséquences collectives pour les autres salariés.

Le représentant du parquet.

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Il a aussi rappelé que le garçon de 25 ans avait « menacé de tout brûler » et assuré qu’il était « armé jusqu’aux dents ». Sa mère est d’ailleurs « inquiète » de la situation, a-t-il relevé. Il avait donc requis des « mesures de sûreté » à l’encontre du jeune homme, soit une interdiction de paraître au Grand Frais de Haute-Goulaine et au château de Goulaine, de recontacter ses victimes et de détenir une arme pendant dix ans.

Il a finalement révélé, à la fin de son procès, le motif de son courroux : il était « sorti avec » une employée de Grand Frais, « lors d’une soirée au Macadam », une discothèque du quartier Chantenay, à Nantes, spécialisée dans les musiques électroniques. Une histoire qui a mal fini puisque cette jeune fille lui aurait « volé » 3 000 € et l’aurait « tabassé » selon lui, estimant qu’elle « prend de la drogue ».

Il l’avait donc « appelée plusieurs fois » sur son lieu de travail « pour récupérer son argent ».

J’ai des screenshots (ndlr. des captures d’écran). Elle m’a d’ailleurs mis la pression pour que j’efface les messages et que je m’excuse auprès de son copain. J’ai voulu porter plainte, mais personne n’a voulu la prendre, car on m’a dit que c’était trop tard.

La juge l’a donc déclaré « pénalement irresponsable » en raison de « l’abolition de son discernement », mais lui a interdit de recontacter l’employée du magasin pendant trois ans et de porter une arme – comme « un couteau » – pendant dix ans.

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