Après les révélations sur ses notes de frais et ses (nombreux) voyages à l’étranger – surtout depuis quelques semaines –, Anne Hidalgo est confrontée à de nouvelles critiques. Révélées par Mediapart, elles portent cette fois sur les moyens utilisés par la maire de Paris pour voyager. Selon le site, Anne Hidalgo est une usagère fréquente de la classe business lorsqu’elle se déplace en avion. Elle a au total effectué une vingtaine de séjours hors des frontières depuis le début de l’année, en Mauritanie, au Maroc, au Vietnam, en Belgique ou encore aux États-Unis.
La newsletter politique
Tous les lundis à 11h30
Recevez en avant-première les informations et analyses politiques de la rédaction du Point.
Merci !
Votre inscription a bien été prise en compte avec l’adresse email :
Pour découvrir toutes nos autres newsletters, rendez-vous ici : MonCompte
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions générales d’utilisations et notre politique de confidentialité.
L’entourage de la maire de Paris défend ce choix pour des raisons de sécurité. Elle pourrait aussi se prévaloir du repos qu’offrent ces sièges sur les long-courriers, comme le font les chefs d’entreprise. L’explication sécuritaire cadre toutefois mal avec les engagements d’économies de la mairie, notamment dans le choix des hôtels. De surcroît, en 2017, lors du mandat précédent, le déontologue de la mairie de Paris affirmait qu’Anne Hidalgo ne voyageait « pas en première classe ».
Mais la maire de Paris ne rend guère de comptes. Elle peut voyager comme bon lui semble, ou presque. En 2023, la maire de la capitale a fait adopter une règle particulière : ce n’est pas, comme dans les autres villes, le conseil municipal (ici le Conseil de Paris) qui accorde au maire le droit de voyager à titre exceptionnel, après délibération, mais le premier adjoint.
Près de 220 000 euros de frais de déplacement
Celui-ci, Patrick Bloche, signe avant chaque voyage un mandat spécial. Mis à part quelques conseillers de la maire, lui seul est donc informé de la teneur des déplacements d’Anne Hidalgo et les autorise. Ils sont ensuite évoqués devant le Conseil de Paris. A posteriori, les élus prennent alors connaissance de la durée et du coût, du nombre d’élus voyageant avec la maire, etc.
Le 8 septembre, par une longue lettre détaillée, Transparence citoyenne s’est émue de ce procédé semble-t-il dérogatoire au droit commun. L’association, qui a révélé il y a quelques mois le montant des frais de représentation d’Anne Hidalgo, a comptabilisé 79 déplacements depuis le début de l’année 2020, en France et à l’étranger, pour un montant total de 219 064,09 euros, dont 97 % de cette enveloppe consacrée à des voyages hors des frontières.
À Découvrir
Le Kangourou du jour
Répondre
Dans cette lettre, que Le Point s’est procurée, Transparence citoyenne demande à la mairie de Paris d’expliquer les bases juridiques sur lesquelles ces voyages sont validés. « Nous avons constaté avec surprise qu’aucun de ces 79 [déplacements] n’avaient été autorisés par le conseil municipal […] Le fait que vous n’ayez pas demandé l’octroi d’un mandat spécial pose une difficulté d’ordre juridique », note Guillaume Leroy, le président de l’association.
À LIRE AUSSI « Elle adore qu’on la flatte » : qui est Jeanne d’Hauteserre, la maire « bien sapée » du 8e ? Avant de prévenir : « Rappelons que l’illégalité constatée des dépenses de déplacements pourrait aboutir à ce que le tribunal administratif demande le remboursement des sommes injustement prises en charge par la Ville de Paris. » Une façon d’évoquer la menace d’une plainte. Il n’a, deux mois après l’envoi de la lettre, pas reçu de réponse.
Toute l’actualité à 1€ le premier mois
ou