« Qu’est-ce qu’il se passe ? Je n’en sais rien, souffle, sonné, l’expérimenté capitaine Christophe Loustalot. Pourtant, on travaille bien… Mais malheureusement, il y a une fébrilité mentale. À la mi-temps (6-3), on était pourtant dans le bras de fer. Je ne nous pensais pas fébriles. Et en deuxième mi-temps, dans les moments clés, on n’a pas les ballons en conquête, on se fait pénaliser sur des fautes bêtes… Des solutions ? À chaud, c’est compliqué d’en trouver, à part l’excuse des absences de trois ou quatre internationaux. La composition, sur le papier, elle devait faire le boulot… »

Le pack jaune et noir, à l’image de Sam Tuifua, a une fois de plus échoué à rivaliser en conquête dans un match à enjeux. Inquiétant.
Philippe Salvat / SO
« Une question mentale », vraiment ?
Pire défense du championnat et de loin (33 points par match), plus mauvaise équipe à l’extérieur, les jaune et noir ont concédé leur huitième revers en onze journées. Leur troisième en six sorties sur un synthétique maudit. « Le scénario est catastrophique et on ne prend même pas un point de bonus », lâche Clément Briscadieu, un coach des trois-quarts « accablé » par cette « performance catastrophique ».
« C’était un match très pauvre, l’équipe la moins pire a gagné, grince l’ancien numéro 9 de Soyaux-Angoulême (2016-2018). Dans des matchs tendus comme ça, on a tendance à s’écrouler. C’est dramatique. Si on n’arrive pas à gagner ces matchs-là, comment va-t-on faire quand on va recevoir des gros, ou des équipes capables de proposer autre chose ? Aujourd’hui, c’est une question d’ordre mental. Il va falloir être capable d’assumer ce genre de matchs à pression, car on va en jouer jusqu’à la fin si on veut maintenir le club. Si certains en doutaient, qu’ils se réveillent : le club est en danger. Il va falloir basculer très fort en mode survie. »

Un pack inefficace, et des trois-quarts à l’envers, « incapables de jouer un ballon de turn-over », pointe leur entraîneur Clément Briscadieu.
Philippe Salvat / SO
Un trio bientôt menacé ?
Au vu de leur bilan de -10 au classement britannique (qui pondère les résultats domicile-extérieur), et de leur impuissance à prendre le moindre point hors de leurs bases depuis neuf mois (dix défaites non bonifiées d’affilée), la situation des Stadistes est critique : dépassés par un voisin dacquois irrésistible à Biarritz (18-33) et en pleine confiance à deux semaines d’un derby landais décisif, ils replongent dans la zone rouge. Et ils ne doivent leur place de barragiste qu’à la série négative de la lanterne rouge Carcassonne (six matchs sans victoire, mais un bonus défensif à domicile contre Valence-Romans), revenue à une longueur.
Problème, depuis un an, tous les leviers ont déjà été activés : le changement de staff (sans effet), l’annonce d’un nouveau projet (qui semble inexistant), le renfort des recrues (qui peinent à sortir de la torpeur collective)… Le remplacement de Romain Mareuil, Clément Briscadieu et Roger Ripol, forcément pointés du doigt, et la reconstruction totale de l’encadrement semble financièrement illusoire, deux mois après la fin de l’interminable feuilleton Milhet-Prosper. Mais le trio pourrait jouer une bonne partie de son avenir sur la pelouse capricieuse de Maurice-Boyau, le 28 novembre. « Si on avait gagné ce soir, le derby aurait été un gros tournant. Là, ça va l’être encore plus, déplore Christophe Loustalot. On a 15 jours pour avoir des solutions. » Cela fait trois mois qu’ils n’en trouvent pas.