Une délégation de la commission des réparations de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) doit rencontrer cette semaine des responsables et des parlementaires britanniques afin d’aborder les injustices historiques liées à l’esclavage et au colonialisme, ainsi que leurs séquelles persistantes.

Au moins 12,5 millions d’Africains ont été enlevés, transportés de force à bord de navires européens et vendus comme esclaves du XVe au XIXe siècle. Les défenseurs de la cause estiment qu’il est nécessaire d’agir pour affronter les conséquences durables de cette histoire, notamment le racisme.

Les appels en faveur de réparations ont pris de l’ampleur à l’échelle mondiale, en particulier au sein de la CARICOM — un groupe de 15 États membres comprenant la Barbade et la Jamaïque — ainsi qu’au sein de l’Union africaine (UA).

La CARICOM a élaboré un plan de réparations qui prévoit notamment une demande d’excuses complètes et formelles, la mise en place de programmes éducatifs, l’annulation de dettes et une compensation financière. L’Union africaine travaille de son côté à l’élaboration de son propre plan.

Un mouvement d’opposition aux réparations s’est également développé, de nombreux dirigeants européens refusant même d’aborder le sujet. Les opposants avancent que les États et institutions actuels ne devraient pas être tenus pour responsables des fautes du passé.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer avait déclaré, en amont du sommet du Commonwealth aux Samoa l’an dernier, qu’il préférait se tourner vers l’avenir plutôt que de s’engager dans « de très longues discussions interminables sur les réparations du passé ».

Cependant, à l’issue du sommet, les dirigeants des 56 pays membres du Commonwealth, présidé par le roi Charles du Royaume-Uni, ont convenu d’inclure dans leur communiqué final que le moment était venu d’ouvrir un débat sur la question.

La visite de la commission de la CARICOM est prévue du 17 au 20 novembre et vise à « renforcer les partenariats stratégiques et promouvoir un programme commun d’éducation et de mobilisation du public autour de l’agenda des réparations », selon un communiqué adressé aux médias.

Un sondage réalisé en 2025 à la demande de The Repair Campaign a révélé des lacunes dans la connaissance du rôle du Royaume-Uni dans l’esclavage et le colonialisme : 85 % des personnes interrogées ignoraient que le pays avait transporté de force plus de 3 millions d’Africains vers les Caraïbes.