Pro D2 (11e journée). RC Vannes – Grenoble, dimanche (21 h) à Rennes
Pour la première fois de son histoire, le RC Vannes a connu un coup d’arrêt dans sa progression sportive. Après avoir grimpé les échelons, pas à pas, jusqu’à accéder au Top 14, le club morbihannais est retourné en Pro D2. Cette descente, mal digérée par les derniers relégués les saisons précédentes (Oyonnax, Brive, Biarritz, Agen…), n’a pas semblé toucher le RCV, leader de Pro D2 au tiers de la phase régulière.
Le secret tient certainement en un mot qui a fait sa réussite ces dernières années : la stabilité. La chute a bien été amortie grâce à l’anticipation. Le différentiel de deux millions d’euros entre son budget en Top 14 et celui en Pro D2 cette saison (de 22 à 20 millions) vient surtout du montant plus faible versé par la Ligue nationale de rugby (LNR) pour les droits audiovisuels aux clubs de deuxième division.
Pour le reste, la masse salariale n’a que très légèrement baissé et a permis de bâtir un effectif pouvant largement tenir la comparaison avec celui de l’année dernière. La grande majorité des cadres ont prolongé. Cette continuité est une grande force et une rareté par rapport aux dernières formations reléguées.
Les recettes de la billetterie n’ont pas baissé, La Rabine enchaînant les matchs à guichets fermés (32 consécutifs depuis le 19 octobre 2023 contre Biarritz, soit plus de deux ans). Et cette délocalisation à Rennes, devant près de 30 000 spectateurs, offrira encore une belle image du rugby breton.
Le RC Vannes est toujours soutenu par 650 partenaires, issus du territoire, dont 15 dits « Premium » (*). « Tous les partenaires majeurs ont mis le même budget qu’en Top 14, explique Olivier Rome, le vice-président. Ça montre la détermination des sponsors et des actionnaires à vouloir remonter. Le tissu économique breton, c’est vraiment notre force. Aujourd’hui, on n’a pas de gros sponsors nationaux, donc c’est plutôt bien. Ça nous donne de la réserve pour l’avenir. »
Depuis la saison passée, cinq partenaires sont entrés au capital (Brets, SBV, Groupe Le Saint, Interaction et Ultimate Fishing) et la gouvernance a évolué avec la création d’un directoire, qui gère l’opérationnel, et d’un conseil de surveillance, en garde-fou, qui ont remplacé l’ancien conseil d’administration.
Les dirigeants vannetais ont aussi déniché un nouvel équipementier après les soucis financiers rencontrés par l’ancien, Le Coq Sportif. La marque britannique Castore s’est engagée pour cinq ans. Une grande première en France pour celle qui équipe notamment la sélection anglaise, la franchise irlandaise du Leinster et plusieurs équipes anglaises (Bath, les Saracens et les Harlequins).
« Objectif : 1 000 partenaires ! »
Le développement du RCV est seulement freiné par la capacité de son stade de La Rabine, malgré une augmentation de 640 places à l’intersaison (de 11 782 à 12 422). L’objectif affiché, à moyen terme, est d’atteindre 15 000 places en agrandissant la tribune Lucien-Jaffré, mais ça ne sera pas avant 2028. À plus long terme, il espère même atteindre 18 000 places d’ici cinq ans environ, selon Olivier Rome. « 18 000, c’est beaucoup pour un club mais pas pour une région. »
Ça permettrait aussi d’accueillir de nouveaux partenaires. « L’objectif est clairement affiché : c’est 1 000 partenaires, poursuit le vice-président du RCV. On sera les seuls en France à en avoir 1 000 ! C’est l’objectif qu’on s’est fixé. » Des ambitions élevées avec une idée derrière la tête : remonter puis s’installer durablement en Top 14.
(*) Crédit Mutuel Arkéa, Armor Fruits, BMW, Brets, Castore, Daunat, d’Aucy, Eureden, Delanchy, Groupama, Interaction, SBV, Poule et Toque, Sill