La presse alémanique s’interroge dimanche sur le « deal » conclu avec Washington. Pour faire passer les droits de douane américains de 39 % à 15 %, la Suisse a fait des concessions. Lesquelles précisément? Tout n’est pas encore totalement clair.

Pour l’heure, la Confédération et l’administration américaine se sont entendues sur une « déclaration d’intention non contraignante ». Elle doit servir de base à la négociation d’un accord formel, qui devrait être conclu d’ici les premiers mois de 2026.

Certains passages du texte soulèvent des interrogations. La NZZ am Sonntag relève par exemple celui-ci: les deux pays doivent traiter les distorsions commerciales potentielles causées par les subventions ou les mesures prises par les entreprises publiques. « Ce que cela signifie concrètement reste flou », souligne l’hebdomadaire zurichois.

Annonce d’investissements colossaux

La SonntagsZeitung s’intéresse de son côté à la promesse d’investissements pharaoniques de 200 milliards de dollars de la part d’entreprises helvétiques sur le sol américain. « Un gros chiffre », pointe le journal, qui se demande: « La Suisse a-t-elle bluffé? »

Un gros chiffre, certes, mais pas « extravaguant » pour autant, à en croire Rahul Sahgal, le directeur de la Chambre de commerce américano-suisse. Car ce montant repose sur un sondage auprès des entreprises membres de l’organisation économique, qui lui ont communiqué leurs projets d’investissements.

>> A relire : La presse romande souligne le coût élevé du deal sur les droits de douane américains

Des sanctions reprises par la Suisse

Citons encore cette phrase, qui a visiblement laissé les journalistes alémaniques perplexes: « Les participants ont l’intention de renforcer la coopération existante en matière de contrôle des exportations et de sanctions américaines », est-il écrit dans le texte.

La SonntagsZeitung a questionné Guy Parmelin sur ce sujet: cela signifie-t-il que la Suisse devra reprendre les sanctions américaines?

« Non! » assure le conseiller fédéral chargé de l’économie. Il est possible que Washington en fasse la demande un jour à Berne, par exemple en cas de problème avec une banque. La Confédération analysera la situation et prendra une décision de manière autonome, comme c’est déjà le cas actuellement. « La Suisse n’est soumise à aucune obligation », souligne le Vaudois.

Des intentions à traduire en accord formel

Le texte publié par la Maison Blanche comporte 29 points. Le mot « intention » y apparaît 46 fois, remarque Simon Evenett, professeur de géopolitique et de stratégie à l’IMD Business School à Lausanne, dans les colonnes de la NZZ am Sonntag.

Des négociations doivent traduire ces souhaits dans un accord concret, avec plus de détails. On le sait, c’est toujours là que le diable est caché. « Le chemin à parcourir s’annonce semé d’embûches », prédit le journal.

>> Revoir le sujet du 19h30 sur l’abaissement des droits de douane : La Suisse a négocié des droits de douane américains à 15% La Suisse a négocié des droits de douane américains à 15% / 19h30 / 2 min. / vendredi à 19:30

Antoine Michel