Le député Sébastien Delogu a officiellement lancé sa campagne pour la mairie de Marseille ce dimanche 16 novembre 2025 avec pour objectif de « redonner le pouvoir au peuple ».

MIGUEL MEDINA / AFP

Le député Sébastien Delogu a officiellement lancé sa campagne pour la mairie de Marseille ce dimanche 16 novembre 2025 avec pour objectif de « redonner le pouvoir au peuple ».

POLITIQUE – Le député des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu a été officiellement investi par La France insoumise pour être la tête de liste du parti aux élections municipales à Marseille en mars 2026. Dans la deuxième ville de France, LFI fait donc cavalier seul, comme à Lyon et Paris. Le maire sortant divers gauche Benoît Payan n’a pas encore officialisé sa candidature mais il devrait rassembler lui socialistes, communistes et une partie des écologistes.

« Je connais la moindre rue de Marseille par mon ancien travail de chauffeur de taxi », a déclaré Sébastien Delogu dans un entretien à l’AFP. Celui qui a grandi dans les quartiers nord assure vouloir « ramener le peuple au pouvoir », et surtout « ne pas laisser Marseille aux magouilleurs qui font du favoritisme et du clientélisme ».

Coutumier des coups d’éclat qui lui valent soutiens mais aussi nombreuses critiques, l’élu s’est notamment illustré en brandissant un drapeau palestinien à l’Assemblée nationale ou en donnant son appui musclé à un blocus lycéen en 2023.

Cette action lui a valu une condamnation pour violences envers deux cadres de l’Éducation nationale, des faits qu’il conteste mais pour lesquels il n’a pas fait appel. Il a par ailleurs été entendu au printemps dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des documents privés volés à un chef d’entreprise dans le contexte d’un conflit social, documents que le député a diffusés sur les réseaux sociaux. Les investigations se poursuivent.

Une liste composée de « gens engagés pour Marseille »

La liste de Sébastien Delogu comportera « des gens engagés pour Marseille » et son programme présenté ultérieurement, sera axé autour du logement, de la santé et de l’urgence écologique. L’élu de 38 ans se rêve d’un destin à la Zohran Mamdani, le démocrate de l’aile gauche du parti qui vient de remporter la mairie de New York, qui « est parti à 1 % dans les sondages ». « Il avait 3-4 mesures phares qui lui ont permis de faire comprendre au peuple que c’était un maire qui allait réellement s’occuper des problèmes », analyse-t-il.

De l’autre côté de l’échiquier politique, la droite et le centre partent unis autour de Martine Vassal qui a obtenu le soutien des Républicains, d’Horizons et tout récemment du parti présidentiel Renaissance. À l’extrême droite, c’est Franck Allisio (Rassemblement national) qui est candidat, avec le soutien désormais du sénateur Stéphane Ravier, qui avait un temps rallié Éric Zemmour et son parti Reconquête. Sébastien Delogu se dit à ce sujet « très serein sur le fait que Marseille est antiraciste, antifasciste et que Marseille se réveillera pour faire exprimer la voix du peuple et que l’extrême droite n’arrivera pas au pouvoir ».

Le lancement de la candidature de Sébastien Delogu se percute avec l’onde de choc provoqué par l’assassinat jeudi d’un deuxième frère d’Amine Kessaci, militant écologiste marseillais engagé dans la lutte contre le narcobanditisme, dont la justice émet l’hypothèse d’un assassinat d’avertissement. « C’est effroyable. Je travaille depuis le début de mon mandat, main dans la main, avec le collectif des familles de victimes pour alerter et agir. À présent, malheureusement, un cap est franchi », reconnaît l’élu.