Pour la première déclinaison strictement hexagonale de « Choose France », jusque-là apanage des investisseurs étrangers, le gouvernement n’a pas lésiné sur l’effet d’annonce. En agrégeant 151 projets d’entreprises françaises sur douze mois, pour un montant total de 30 milliards d’euros, l’exécutif revendique un record qui éclipse la dernière édition internationale (20 milliards).

Et les révélations faites à l’occasion du rendez-vous organisé ce lundi à la Maison de la chimie, suivies d’un dîner sous les ors de l’Élysée, représentent déjà près d’un tiers de cette manne, soit 9,2 milliards d’euros, précise Le Figaro. Une seule ambition manifeste : montrer que la France demeure un terreau fertile pour ses propres entrepreneurs, malgré un climat de défiance croissante.

Un catalogue de projets titanesques

Les investissements annoncés couvrent l’ensemble du territoire et une palette d’industries stratégiques. Le plus spectaculaire demeure la création d’un data center géant, fruit d’une alliance entre Iliad, EDF et le fonds Infravia. Pour 4 milliards d’euros, le site, doté de plusieurs centaines de mégawatts, ambitionne de devenir l’un des plus vastes centres de calcul d’Europe.

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Dans la Drôme, la start-up Sesterce, spécialiste du cloud dédié à l’IA, double la puissance de son projet d’Alixan, pour une enveloppe de 1,5 milliard d’euros. Le groupe Derichebourg, lui, déploie sept nouveaux sites consacrés au recyclage, cuivre, plomb, DEEE, batteries, pour 130 millions d’euros et 200 emplois à la clé. Danone, fidèle à sa stratégie de relocalisation, investit 300 millions d’euros pour rapatrier plus de 45 000 tonnes de production dans l’Hexagone, avec 500 emplois supplémentaires d’ici 2028.

Un parterre de 163 entreprises

Au gouvernement, la présence de 163 entreprises est présentée comme la preuve éclatante de l’attractivité française. Une assertion pourtant nuancée par l’inquiétude qui traverse les organisations patronales. Treize d’entre elles ont récemment écrit à Sébastien Lecornu pour faire part de leur crainte d’un tournant politique défavorable à l’offre et à « l’esprit Choose France  ». Certains dirigeants agitent même la menace d’orienter leurs capitaux vers l’étranger.

Matignon assume la stratégie : « Depuis 18 mois, les entreprises françaises qui investissent en France souhaitaient pouvoir être mises en avant comme l’étaient les entreprises étrangères avec le Choose France originel. » D’où la création de ce nouveau format, articulé autour de six tables rondes consacrées à la compétitivité, à la préférence européenne, au budget 2026, aux tensions géopolitiques, à la souveraineté numérique, aux territoires et à l’économie circulaire.

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