L’image fera sans doute le tour du monde pendant encore quelques jours. Ce mardi, alors qu’il menait un set à zéro face au Belge Raphaël Collignon en quarts de finale de la Coupe Davis, Corentin Moutet a offert ce qu’il pouvait faire de pire : un coup invraisemblable et complètement loupé.
Le stress était à son paroxysme lorsque le 35e mondial a tenté sa facétie. Mené 5-6 dans la 2e manche, c’était 15-15 sur le service du Français. Après un point rondement mené, il a alors tenté une fin de match pour finalement toucher la balle en demi-volée entre ses jambes, ratant complètement son geste. Une double faute et une volée ratée plus tard, il perdait la seconde manche, puis le match (2-6, 7-5, 7-5). Et enfin la rencontre, après la défaite d’Arthur Rinderknech face à Zizou Bergs.
« Je regrette énormément d’avoir fait ce coup, mais si je l’avais réussi, peut-être que ça aurait tout changé, estimait Corentin Moutet après la rencontre. J’essaie de jouer de manière assez spontanée, et malheureusement, c’est ça qui est venu de manière spontanée. J’aurais aimé que ça soit quelque chose de plus simple, mais ça fait aussi partie de mon jeu, de moi, il faut que je l’accepte. J’ai été pris par l’émotion, je n’ai pas réussi à la gérer. »
« Un point surprenant » pour Paul-Henri Mathieu
Un avis partagé par le capitaine de l’équipe belge, Steve Darcis, qui se montre tout de même piquant. « C’est un magicien, c’est un mec qui joue comme ça, a-t-il déclaré. Je ne pense pas qu’on peut lui en vouloir. C’est comme ça qu’il joue bien, comme ça qu’il ennuie les autres, comme ça qu’il fait le show parce que c’est un artiste. Si un de mes joueurs avait fait ça ? Je lui pète la gueule, j’en sais rien (sourire). »
Paul-Henri Mathieu, le capitaine des Bleus, n’a pas été jusque-là et s’est montré plutôt modéré en conférence de presse. « Je ne sais pas quoi dire, a-t-il reconnu. Le tournant de la rencontre, je ne sais pas. Je ne peux pas dire que c’est un point parmi tant d’autres, c’est un point surprenant. Il y avait certainement de la tension, un manque de fraîcheur, ou ce qu’on veut. »
Il faut tout de même le reconnaître, Corentin Moutet avait déjà réussi de tels coups, notamment face à Roberto Carballes Baena à Hangzhou en 2024. C’était toutefois un premier tour, dans un tournoi individuel. Pas avec le maillot de l’équipe de France sur les épaules, avec des responsabilités aussi importantes.