Un rythme qui leur garantirait à coup sûr le top 6, voir le top 4. Même en cas de revers sans bonus à Bordeaux vendredi pour la reprise du…
Un rythme qui leur garantirait à coup sûr le top 6, voir le top 4. Même en cas de revers sans bonus à Bordeaux vendredi pour la reprise du championnat (21h), la Section resterait à une moyenne de 2,8 points par rencontre. C’est celle qu’il maintient depuis le début de l’année 2025 (37 points sur les 13 matchs retours la saison dernière). En tenant cette trajectoire chiffrée, la Section obtiendrait 73 points à l’issue de la saison régulière. Suffisant pour se qualifier pour la phase finale, a priori en bonne position.
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À voir car cet exercice 2025-2026 devrait rentrer dans les annales. Entre Toulouse, leader du classement et Lyon, 12e, il n’y a que 11 points d’écart à l’issue de la 9e journée. Depuis 2009, c’est le plus faible, après celui de la saison 2013-2014 (10 points). Un élément important à intégrer à l’analyse, comme le passé récent des Béarnais. Il y a deux ans, ils comptaient 27 unités au même moment de la compétition. En juin, ils avaient terminé neuvièmes…
Pour ne pas revivre une telle désillusion et conserver sa dynamique actuelle, la Section Paloise doit désormais confirmer ses points forts et atténuer les points faibles perçus lors du premier bloc. « Il faut qu’on soit très vigilants, nous confiait récemment Sébastien Piqueronies. Et que nos progrès soient durables et stables ».

Gros point faible en début de saison dernière, les ballons portés ont déjà rapporté 4 essais aux Béarnais.
Rodolphe MARTIN
Défense et conquête au rendez-vous
Si la Section Paloise s’est attirée louanges et regards grâce à ses lancements de jeu léchés et ses jolis essais en première main, ce sont des basses oeuvres qui ont sublimé la sienne. « Se qualifier dans le top 6, c’est prioritairement avoir une grosse conquête et à coup sûr avoir une grosse défense », témoignait le manager béarnais. Deux secteurs dans lesquels les Vert et Blanc ont largement élevé les curseurs.
Avec 211 points encaissés, ils ont le troisième rideau le plus hermétique de l’élite, derrière Montpellier (191 points) et La Rochelle (193 points). Et réussissent 90,2 % de leurs plaquages (1 029 réussis pour 112 ratés), un très joli taux. Dans les airs, notamment grâce aux envols d’Hugo Auradou, l’alignement palois confirme sa puissance, avec le plus de touches gagnées (122) et le moins de lancers perdus (19), non sans en avoir volé 13 (8e du Top 14).
Quant à la mêlée, sans être redevenue dominante, elle tient bien la route, avec 43 affrontements gagnés (9e) pour 12 perdus (8e) et 15 pénalités concédées (8e) pour 14 provoquées (2e). En revanche, là où le pack palois a largement progressé, c’est sur les mauls. Il en a gagné 53 (2e), marquant 4 essais sur ballons portés (2e). Idem dans le jeu au sol, où les avants béarnais utilisent bien mieux leurs corps et leurs pognes. Ils ont gratté 50 ballons (4e) et gagné 744 rucks (2e). De quoi proposer un rugby plus alerte.
Un jeu efficace
Si Sébastien Piqueronies encourage et exhorte ses hommes à être « plus tueurs », afin d’éviter de laisser filer une victoire au Racing et un bonus offensif contre Perpignan à portée de mains, la Section Paloise parvient à se créer beaucoup d’occasions de scorer. Parfois en tenant le ballon (4e à la possession) de manière efficace, avec de nombreuses actions pour prendre la ligne d’avantage (646 fois, 4e) ou mettre des défenseurs dans le vent (190 battus, 5e).
D’autres en occupant le camp adverse au pied, à bon escient : avec 241 jeux au pied, 6e total de la division, les Palois sont les deuxièmes à gagner le plus d’espace (7 516 mètres). De bonnes prédispositions à conserver pour la suite de la saison. Même s’il faudra s’améliorer dans d’autres domaines.

Les Vert et Blanc perdent des ballons dans les airs, où ils ne sont plus aussi dominants qu’en début de saison.
Rodolphe Martin
Un ballon à soigner davantage
249 points inscrits en 9 journées (près de 28 de moyenne). Depuis dix ans et son retour en Top 14, la Section Paloise n’avait jamais autant scoré. Pourtant, le jeu offensif vert et blanc reste perfectible. S’ils excellent dans les transitions rapides, les Béarnais ont plus de mal à faire voyager la gonfle (1 096 passes réussies, 11e) ou à créer des brèches en se la donnant (58 passes après contact, 11e). Et ils égarent un peu trop de munitions (133 ballons perdus, 6e), notamment sur les duels aériens lors de leurs dernières sorties.
Face aux perches également, Pau a eu tendance à gâcher sur la fin de ce premier bloc. Avec 42 tentatives de pénalités et transformations réussies pour 10 manquées (80,77 %) sur les 9 premiers matchs, le chat est maigre, notamment depuis que Simmonds (28 / 32) s’est blessé.
Une discipline à réguler
S’il devait y avoir un point noir, ce serait assurément celui-là. Depuis début septembre, la Section Paloise a été sanctionnée de 103 pénalités (4e). Soit 11,5 coups de sifflet en moyenne contre elle. Une statistique à faire chuter pour rester parmi les meilleurs. Même si pour le moment, cette indiscipline ne coûte pas trop cher au niveau des infériorités numériques. Avec 7 cartons jaunes concédés, les Palois ne font pas vraiment figure de mauvais élèves (6e du Top 14), quoiqu’un peu trop dissipés. « On a encore trop souvent des sauts émotionnels », regrettait Piqueronies. Il faudra davantage les maîtriser pour ne pas faire de bonds arrières dans la hiérarchie.