Par
Anaelle Montagne
Publié le
20 nov. 2025 à 12h21
La peine aurait pu être encore plus lourde. Le surveillant de la prison de Toulouse-Seysses, accusé de multiples faits de violence sur des détenus, a bien été condamné à du sursis par le tribunal correctionnel de Toulouse, ce jeudi 20 novembre 2025. Mais il n’a pas écopé de l’interdiction d’exercer requise par le procureur.
Que s’est-il passé dans l’enceinte de la prison ?
L’affaire a secoué les rangs des agents pénitentiaires durant de longs mois. Sur les 110 détenus questionnés dans l’affaire, cinq comparaissaient au tribunal ce mardi 4 novembre, pour dénoncer les actes d’Arnaud B. : injures, humiliations et coups violents, portés durant les parloirs famille ou dans le local de fouille.
« Il m’a donné deux coups de poing, il m’a attrapé et m’a plaqué contre le mur, et puis il m’a cogné la tête contre le mur. J’étais nu, j’étais choqué », confiait par exemple monsieur B., l’un des deux détenus qui ont finalement porté plainte contre le surveillant. L’homme à la voix rauque niait la plupart des faits, concédant seulement des comportements déplacés verbalement et assurant pour le reste qu’il n’avait « usé que de la force strictement nécessaire ».
Il avait continué d’exercer
Le procureur, impassible aux plaintes du surveillant sur ses conditions de travail difficiles, avait requis trois ans de réclusion assortis d’un sursis probatoire et une interdiction d’exercer. Car depuis les faits, le surveillant n’a pas cessé de travailler : resté en poste plusieurs mois à Seysses malgré les plaintes, il avait ensuite été transféré à Muret pour exercer en renfort.
La condamnation
15 jours après le procès, la cour a finalement rendu son verdict : 24 mois de sursis simple, sans interdiction d’exercer. « Un avertissement ».
Vidéos : en ce moment sur ActuConditions de travail « désastreuses »
David, le représentant local du syndicat des surveillants pénitentiaires, insiste : ces situations émergent d’un terrain qu’ils dénoncent, celui des conditions de travail « désastreuses » auxquelles ils doivent faire face. « On est un pour trois détenus, alors qu’à l’extérieur, pour interpeller un individu, il y a trois policiers », souffle le représentant syndical.
Ces conditions de travail se répercutent sur les conditions de détention des prisonniers ; et vice-versa. En juillet, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse avait d’ailleurs reconnu « l’indignité des conditions de détention » au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses.
Contactée, la direction du centre pénitentiaire n’avait pas souhaité répondre aux questions d’Actu Toulouse.
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