L’information fait vivement réagir outre-Atlantique. Selon une enquête réalisée par le Washington Post, les garde-côtes américains s’apprêteraient à ne plus considérer la croix gammée comme un symbole de haine mais dorénavant comme un symbole « potentiellement clivant ».
Affirmant avoir consulté des documents internes à cet organisme fédéral rattaché à la sécurité intérieure, le média américain indique que cette nouvelle directive doit entrer en vigueur le 15 décembre.
Pourtant, ce qu’on appelle « swastika » en anglais – le sens n’est pas le même en français – est un symbole du nazisme et du suprémacisme blanc, rappelle le Washington Post. Et la Shoah a coûté la vie à cinq à six millions de juifs, ainsi qu’à des centaines de milliers de soldats américains.
Selon le Washington Post, la même directive s’appliquera au nœud coulant, pourtant notoirement connu aux États-Unis comme un symbole de la violence envers les Noirs après la guerre de Sécession. Mais également au drapeau des États confédérés d’Amérique, bien que son exhibition reste prohibée.
Nos confrères américains précisent que ces mesures auraient pour buts d’aligner les règles qui régissent les garde-côtes aux positions de l’administration américaine.
« Les croix gammées ne sont pas clivantes. Elles sont antisémites », s’insurge l’American Jewish Committee. « Les nœuds coulants ne sont pas clivants. Ils sont racistes. »
« Tout cela est dégoûtant », appuie Ed Markey, sénateur du Massachusetts, comme de nombreux élus démocrates. Les croix gammées et les nœuds coulants représentent « le génocide et les lynchages », insiste Bennie Thomson, élu du Mississippi. Pramila Jayapal, représentante de l’État de Washington, estime que tout cela « est absolument affreux ».
Nazi swastikas are not “divisive.” They are antisemitic.
They represent a regime responsible for the murder of six million Jews and insult the hundreds of thousands of Americans who gave their lives to defeat the Nazis 80 years ago.
Nooses are also not « divisive. » They are… pic.twitter.com/53fZmmUfZY
— American Jewish Committee (@AJCGlobal) November 20, 2025
« Nous allons revoir la formulation »
Dans une publication sur X, l’organisme fédéral américain nie en bloc les allégations Washington Post. Selon l’amiral Kevin Lunday, commandant par intérim des garde-côtes américains, elles sont même « totalement fausses ».
“The claims that the U.S. Coast Guard will no longer classify swastikas, nooses or other extremist imagery as prohibited symbols are categorically false. These symbols have been and remain prohibited in the Coast Guard per policy. Any display, use or promotion of such symbols, as…
— U.S. Coast Guard (@USCG) November 20, 2025
« Ces symboles ont toujours été et demeurent interdits au sein des garde-côtes, conformément à la politique en vigueur », peut-on lire dans ce communiqué, prévenant que « toute manifestation, utilisation ou promotion de tels symboles fera, comme toujours, l’objet d’une enquête approfondie et sera sévèrement sanctionnée ».
Les garde-côtes, écrit l’amiral Kevin Lunday, « restent fermement engagés à promouvoir un environnement de travail sûr, respectueux et professionnel ». « Les symboles tels que les croix gammées, les nœuds coulants et autres symboles extrémistes ou racistes contreviennent à nos valeurs fondamentales et sont traités avec toute la gravité qu’exige le règlement actuel », conclut le chef de l’organisme fédéral.
Tara Copp, coautrice de l’article du Washington Post, déclare sur X avoir été contactée par la porte-parole des garde-côtes, Jennifer Plozai, après la publication de l’article. Cette dernière conteste l’information et affirme que cette branche des forces armées considère bien la croix gammée comme un symbole de haine.
UPDATE: In a phone call with the @washingtonpost, the Coast Guard said it disagreed with the story and that it considers the swastika a hate symbol — and that it would look into the new policy changes — which remove it as a hate symbol.
“We will be reviewing the language, »… https://t.co/xqQEjHmwob— Tara Copp (@TaraCopp) November 20, 2025
Les garde-côtes, précise Jennifer Plozai à Tara Copp, se pencheront sur les changements de directives et promettent de « revoir la formulation ».