Demain s’ouvre à Johannesburg le tout premier G20 sur le continent africain, vitrine des ambitions du Sud global. Avec une incertitude majeure: à 24h heures du lancement, la présence américaine reste une énigme.
Jusqu’à ce matin, aucun émissaire des États-Unis n’était attendu au G20 de Johannesbourg. Puis, coup de théâtre: Cyril Ramaphosa, président sud-africain, a affirmé avoir reçu une note des États-Unis indiquant un changement d’avis et une volonté de participer d’une manière ou d’une autre. Mais le message arrive « trop tard », à deux jours du sommet, tempère Ramaphosa, qui semble hésiter quant à la possibilité d’intégrer les Américains à la dernière minute.
Quelques heures après, la Maison Blanche a vite démenti tout changement de cap. Washington a dénoncé des propos jugés “désobligeants”, maintenant l’absence américaine à cette édition clé, même si les États-Unis seront les prochains hôtes du G20, ce qui rend ce boycott d’autant plus symbolique.
Donald Trump et l’Afrique du Sud, relations au plus bas
Le boycott de Donald Trump s’explique officiellement par un désaccord avec la politique menée par Cyril Ramaphosa. Depuis son retour à la Maison Blanche, Trump n’a cessé de critiquer Pretoria, l’accusant notamment de maltraiter les minorités blanches. Les tensions se sont aussi cristallisées sur des dossiers brûlants, notamment la décision de Pretoria de déposer une plainte contre Israël à la Cour internationale de justice.
Comme souvent avec Donald Trump, les tensions de ces derniers mois se sont cristallisées par des représailles commerciales, avec la décision de Washington d’imposer des droits de douane de 30%. Une mésentente qui s’est étendue à ce sommet, car Trump a qualifié la présidence sud-africaine du G20 de « honte ».
Un sommet aux couleurs du Sud global
Au-delà des querelles diplomatiques, c’est la nature du sommet qui questionne: l’agenda place les crises climatiques, la dette des pays pauvres, la transition énergétique et la juste répartition des ressources minières au cœur des débats. Un programme taillé sur mesure pour les enjeux africains, que Washington semble désormais vouloir bouder, quitte à y perdre son influence sur l’agenda global.