- Donald Trump a estimé vendredi que le jeudi 27 novembre était une date limite « adéquate » pour un feu vert de l’Ukraine à son plan de règlement du conflit.
- Celui-ci peut « servir de base », a reconnu Vladimir Poutine.
- Sous pression, Volodymyr Zelensky a repoussé le projet américain, assurant qu’il ne « trahira » pas son pays.
Donald Trump accélère sur le dossier ukrainien. Avec le regard bienveillant du Kremlin. Après bientôt quatre ans de guerre, le président américain a imposé ce vendredi une date butoir à Kiev : le 27 novembre. Un temps suffisant, selon la Maison Blanche, pour que Volodymyr Zelensky étudie un plan de règlement du conflit d’ores et déjà considéré comme « une base » de travail par Moscou.
« Ils ont été très courageux », a lancé sur Fox News Radio Donald Trump à propos des combattants ukrainiens. Avant d’imposer son calendrier : « J’ai eu beaucoup de dates butoirs et quand les choses vont bien, la tendance est de repousser les dates butoirs. Mais jeudi est, nous pensons, un moment adéquat ». Selon Donald Trump, Kiev n’a rien à gagner à continuer les combats. Si ces derniers continuent, les Ukrainiens allaient de toute façon « perdre en peu de temps » les territoires qu’ils devraient, si ce plan était validé, céder à la Russie.
Les Russes doivent « faire preuve de souplesse », selon Trump
Vladimir Poutine « ne veut pas plus de guerre », a encore assuré le dirigeant républicain, interrogé sur l’éventualité que la Russie attaque après l’Ukraine d’autres pays de la région. Qu’en pense le principal intéressé ? Peu après la prise de parole de Donald Trump, son homologue a donné son feu vert à l’initiative américaine. « Il peut servir de base à un règlement pacifique définitif, mais ce plan n’est pas discuté avec nous de manière concrète », a commenté Vladimir Poutine lors d’une réunion gouvernementale retransmise à la télévision.
Selon le maître du Kremlin, ce plan en 28 points n’a été évoqué entre Moscou et Washington que « dans les grandes lignes », les Américains ayant demandé aux Russes de « faire certains compromis, de faire preuve de souplesse ». « Nous sommes prêts à mener des négociations pacifiques et à résoudre les problèmes par des moyens pacifiques, a ajouté Vladimir Poutine. Cependant, cela nécessite bien sûr une discussion approfondie de tous les détails du plan proposé. Nous y sommes prêts ».
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Et le président russe de mettre en garde les Occidentaux : « L’Ukraine et ses alliés européens se bercent encore d’illusions et rêvent d’infliger une défaite stratégique à la Russie sur le champ de bataille ». Moscou est prête en cas de refus à atteindre ses objectifs « par les armes, dans le cadre d’une lutte armée », a menacé Vladimir Poutine.
Sous pression, Volodymyr Zelensky a repoussé l’initiative de Donald Trump tout en essayant de ne pas froisser l’allié américain. « L’Ukraine pourrait être confrontée à un choix très difficile : la perte de dignité ou le risque de perdre un partenaire clé », les Etats-Unis, a-t-il estimé dans une adresse vidéo à la nation. Le président a renchéri, estimant que les propositions américaines augurent « une vie sans liberté, sans dignité, sans justice. Et qu’on croie à celui qui a déjà attaqué deux fois ».
« Nous traversons l’un des moments les plus difficiles de notre histoire », a estimé Volodymyr Zelensky avant de se concerter d’urgence avec les dirigeants français, allemand et britannique. Ces derniers ont appelé à trouver une solution impliquant « pleinement » Kiev, et assuré que toute décision nécessitait le « soutien conjoint et le consensus » des Européens et de l’Otan, a indiqué l’Elysée.
T.G.
