« On ne tue pas par amour », « on ne naît pas femme, on en meurt », « ou lé pat ou sel », « non, c’est non », « céder n’est pas consentir » : inscrits sur des pancartes de différentes couleurs, ces mots ont été posés sur le sol avant d’être brandis dans les rues de Saint-Denis.

Des marches partout en France

Plusieurs centaines de personnes ont participé à une marche contre les violences sexistes et sexuelles, ce samedi 22 novembre, dans le chef-lieu. Organisée par les collectifs Noustoutes974 et des Tricoteuses de France, la marche a quitté la préfecture pour une boucle dans le centre-ville.

Ce rassemblement a eu lieu à l’occasion de la journée internationale de lutte contre les violences sexistes, sexuelles et de genres. Il est suivi partout en France où 200 organisations et personnalités appellent à manifester.

Dénoncer toutes formes de violences

« On dénonce les violences sexistes et sexuelles, les violences de genre, que subissent les femmes, les enfants et les personnes LGBTQIA+, ce sont toutes les violences intrafamiliales, conjugales, les violences dans l’espace public, le harcèlement de rue, le harcèlement scolaire, l’inceste, énumère Shamia Amirali, bénévole au collectif Noustoutes974. Nous sommes là pour toutes les dénoncer ».

Des chiffres alarmants à La Réunion

« Selon les chiffres de la préfecture, il y a environ douze femmes qui déclarent des violences conjugales auprès des forces de l’ordre, chaque jour, à La Réunion, assure Shamia Amirali. Il y a environ 17 interventions par jour des forces de l’ordre pour des faits de violences intrafamiliales à La Réunion. Au moins 15 enfants par jour subissent des violences intrafamiliales sur l’île et tous les jours aussi ».

145 féminicides en France cette année

Le collectif Noustoutes974 rappelle que 145 féminicides ont eu lieu en France cette année, « dont deux Réunionnaises tuées dans l’île », se désole Shamia Amirali.

Ce samedi, les bénévoles de l’association ont fait de la sensibilisation. Leur objectif est aussi d’interpeller les pouvoirs en place. « Dernièrement, il y a eu un scandale de violences sexuelles présumées sur des enfants dans l’Est, interpelle Shamia Amirali. Les violences provoquent toujours beaucoup d’indignation sur les réseaux sociaux, mais il n’y a pas plus de choses qui se passent. Pas plus de personnes qui se déplacent pour dénoncer ces violences, alors aujourd’hui, nous sommes là pour ça ».

La prévention pour les adultes et les enfants

Les bénévoles estiment qu’il est important de faire de la prévention auprès des enfants, et des adultes. « Des outils existent et sont adaptés pour expliquer ce qu’est le consentement, ce qu’est un conflit, une violence, faire la différence entre une violence sexuelles, un viol », explique Shamia Amirali.

Selon le collectif Noustoutes974, il faut davantage de « formations auprès des forces de l’ordre, des magistrats, du personnel médical, pour que tous soient formés à reconnaître les violences, faire des signalements et même recueillir la parole des victimes qui se présenteront à eux ».

« Je te crois »

Shamia Amirali, bénévole, explique que « lorsqu’une victime commence à se confier, la première chose qu’il faut lui dire c’est « je te crois » ».

« La victime a du mal à comprendre qu’elle a vécu des violences, elle a du mal à les reconnaître aussi, donc lui dire « je te crois » est un premier pas pour qu’elle accepte son statut de victime et qu’elle puisse passer à l’étape d’après », ajoute-t-elle. Des étapes lourdes qui peuvent être suivis de parcours médicaux et judiciaires.