Tandis que Kiev et l’Europe tentent de négocier, les États-Unis se déchirent autour du projet qu’ils ont eux-mêmes proposé.

Ce plan n’est pas celui « de l’administration américaine » mais une « liste de souhaits des Russes ». Ces déclarations choc viendraient du secrétaire d’État Marco Rubio, qui se serait laissé aller à des critiques véhémentes sur le plan proposé par son administration auprès de certains élus républicains.

Ces propos ont été démentis dans la foulée par l’intéressé, mais ils révèlent la division au sein même de l’administration Trump. En réalité, ces propos prêtés au chef de la diplomatie sont aussi la conséquence d’un processus de négociation en dehors des canaux diplomatiques traditionnels. Marco Rubio aurait en effet été exclu des négociations sur ce texte si crucial.

Les discussions ont, semble-t-il, eu lieu en toute discrétion le mois dernier lors d’une réunion à Miami, entre Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, l’émissaire de la Maison Blanche Steve Witkoff et Kirill Dmitriev, le négociateur du Kremlin, qui selon plusieurs sources serait le véritable architecte de ce plan.

Une influence russe sur le plan américain ?

Certaines voix, notamment au sein des républicains, estiment que le plan aurait plutôt été soufflé aux Américains par les Russes.

« Cette administration n’est pas responsable de cette publication sous sa forme actuelle », a déclaré le républicain Mike Rounds, élu du Dakota du Sud.

« Cela ressemblait davantage à du russe, dès le départ. »

Les élus républicains craignent que céder des territoires aux russes et leur donner gain de cause dans cette guerre revienne à récompenser l’agression russe et à envoyer un mauvais signal aux autres dirigeants de la planète.

Annalisa Cappellini : Le plan de paix de Donald Trump divise - 24/11Annalisa Cappellini : Le plan de paix de Donald Trump divise – 24/11Des divisions rarement aussi ouvertes dans le camp Donald Trump

Les critiques sont particulièrement vives. Il est rare que le camp de Donald Trump se déchire autant publiquement. L’affaire Epstein, qui a fragilisé Donald Trump, a profondément divisé les républicains.

Il est vrai que pour l’instant les critiques ne visent pas directement Donald Trump mais plutôt sa garde rapprochée. Pour nombre de républicains, s’en prendre au président est une ligne rouge à ne pas franchir.

De plus, contrairement à son habitude, Donald Trump ne semble pas totalement convaincu de ce plan. En présentant le texte aux Ukrainiens, il leur avait imposé un délai très court pour accepter le plan, sans négociation possible. Mais ce week-end le président américain a plutôt indiqué qu’il ne « s’agissait pas de sa dernière offre », en ouvrant la voie à des possibles négociations.

Une question reste ouverte cependant: est-ce que l’attitude extrêment favorable de la Maison Blanche vis-à-vis de la Russie et la volonté de compromis affichée par Kiev vont être suffisantes pour convaincre Moscou? Pour l’instant, le Kremlin est resté très silencieux sur ce sujet.