Le marché de l’emploi s’est-il tari ?
Ce qu’on observe, c’est que le volume d’offres diffusé par les entreprises (340 000 à l’instant T), tous secteurs confondus, est en baisse de 8 % sur les neuf premiers mois de 2025 par rapport à janvier-septembre 2024. Le marché s’est surtout contracté sur les CDI.
Quels sont les secteurs d’activité les plus en souffrance ?
Il y a pléthore de candidats, et très peu d’offres, dans le marketing, la communication, les sciences humaines – des parcours très généralistes dans lesquels de nombreux jeunes se sont engouffrés et restent sur le carreau, faute d’embauches. À l’inverse, d’autres métiers souffrent d’une vraie pénurie.
Lesquels ?
Il y a un manque criant d’ingénieurs, de médecins, d’infirmiers, de comptables. Également de conducteurs de travaux dans le BTP et la construction. Tous les métiers qui requièrent expertise et technicité. Pour trouver les compétences dans le nucléaire, le froid industriel la climatisation… Il faut aller les chercher chez le concurrent.
C’est donc un problème d’orientation, dès le départ ?
Oui. On a peut-être trop dit aux jeunes, « faites-vous plaisir, choisissez les études qui vous plaisent », sans assez promouvoir les formations qui assurent un emploi à la sortie.
Qu’est-ce qui, hormis l’expérience, peut inciter un employeur à recruter un quadra, plutôt qu’un jeune diplômé ?
Les employeurs relèvent, dans notre étude annuelle, que leurs recrues issues de la génération Z, une fois qu’elles ont été formées en entreprise, n’hésitent pas, au bout d’un ou deux ans, à les quitter pour partir sur un autre projet. Mais il y a bien des entreprises ouvertes à l’intégration de juniors ! Quand ça n’est pas mentionné dans l’offre, les jeunes diplômés peuvent se référer au salaire proposé, un bon indicateur. 88 % des offres diffusées sur Hellowork mentionnent désormais une fourchette de rémunération.
L’intelligence artificielle (IA) rebat les cartes en redéfinissant certains métiers. Un écueil ou une chance pour les jeunes ?
Les compétences en IA sont de plus en plus exigées dans les métiers de l’audit, du juridique, de l’informatique. Dans l’audit, on a huit fois plus d’offres qui requièrent une maîtrise de l’IA qu’il y a dix-huit mois. Les changements allant très, très vite dans ce domaine, cela nécessite d’avoir des recrues qui ont une forte capacité d’adaptation et sont prêtes à s’autoformer en permanence. Avec l’IA, le comptable ne rentrera plus les factures mais il y aura toujours besoin d’une personne qualifiée pour structurer des données financières de qualité et les distribuer dans l’entreprise.