Les présidents du Top 14, réunis lundi à Paris, ont mis sur la table plusieurs aménagements financiers. Ils seront soumis au vote du comité directeur début février.
Salary cap, crédits internationaux, contrats d’image. Tous ces sujets animent depuis quelques mois les discussions à la Ligue nationale de rugby (LNR). Les présidents des clubs du Top 14, réunis ce lundi à Paris, se sont mis d’accord pour des modifications. Qui seront à nouveau discutées le 16 décembre, avant d’être soumises au vote du comité directeur de la LNR, début février 2026.
Comme L’Équipe l’a révélé dès lundi soir, Le Figaro est en mesure de confirmer qu’une hausse très modérée du salary cap est dans les tuyaux, il passerait de 10,7 millions d’euros à 11 M€. L’objectif de cette augmentation de 2,7% selon ses partisans ? Élargir les effectifs à disposition tout en maintenant le salaire des joueurs, et ainsi pouvoir optimiser les temps de jeu (faire tourner un peu plus), dans l’optique de préserver la santé des acteurs. Le tout sans creuser les déficits. Une réflexion en parallèle est menée pour relever le nombre obligatoire de joueurs sous contrat professionnel dans l’effectif (25 actuellement, même si tous les clubs sont déjà au-dessus…).
Seconde piste qui a les faveurs des patrons du Top 14, à l’exception de celui du Stade Toulousain, une dégressivité des crédits internationaux. Cette règle permet aux clubs de voir leur salary cap rehaussé de 180.000 euros par joueur premium du XV de France mentionné dans la liste dévoilée chaque année par la FFR (45 noms). Le Stade Toulousain obtenait ainsi un crédit supplémentaire pouvant aller jusqu’à plus de 2 millions d’euros par saison. Un seuil serait établi, mais celui-ci (par exemple 5 crédits internationaux maximum par club) n’a pas encore été fixé. Il sera l’objet des prochaines discussions.
Réduire l’écart entre les clubs gros pourvoyeurs d’internationaux et ceux qui en ont moins
Mais, selon nos informations, Didier Lacroix, le président des triples champions de France en titre y est opposé, lui qui compte 11 Bleus premium dans son effectif. Selon un participant à cette réunion, il a été argué que cette règle permet, justement, au Stade Toulousain de s’offrir au moins trois joueurs de haut niveau de plus que les autres clubs.
«On a mis en place cette règle, Toulouse l’a bien utilisée, bravo à eux. Mais les temps ont changé et ce n’est plus une bonne formule. Le Stade Toulousain a pris tellement d’avance, confie au Figaro une source présente à la réunion. Si on ne change pas cette règle, il va se passer ce qu’il s’est passé au foot. C’est-à-dire que, petit à petit, il n’y aura plus de suspense, le Stade Toulousain, comme le Paris SG en Ligue 1, sera titré chaque année, et le produit Top 14 va perdre de sa valeur. Et tout le monde y perdra, y compris le Stade Toulousain».
Il serait, dès lors, indispensable de réduire l’écart entre les clubs gros pourvoyeurs d’internationaux et ceux qui en ont moins, voire pas du tout. Selon nos informations, cette attaque en règle a exaspéré le président DIdier Lacroix qui réfléchit à attaquer juridiquement ce changement au motif que, d’un point de vue légal, quand un règlement est mis en place et que, le modifier, ne porte préjudice qu’à un seul acteur, on peut considérer que ce n’est pas juste. Une bataille judiciaire qui, si elle était menée, paraît loin d’être gagnée….
Rugby: les critiques de Dupont sur le salary cap sont «partagées» par son entraîneur à Toulouse
Dernière avancée, concernant cette fois les contrats d’image. Récemment, Antoine Dupont, soutenu publiquement par Grégory Alldritt ou Matthieu Jalibert, s’est emporté contre ce système qui inclut certains partenariats conclus individuellement par un joueur avec un sponsor dans l’assiette du plafond du salary cap. Une petite avancée est à l’étude. Les contrats d’image signés entre un joueur et l’équipementier de son club seraient sortis du salary cap.
Toutes ces orientations seront à nouveau discutées le 16 décembre à Marseille lors d’une réunion des présidents de Top 14 et Pro D2. Les mesures alors décidées (et peut-être aménagées pour certaines) devront encore être adoptées par le comité directeur de la LNR, qui se tiendra en février 2026, pour une application la saison prochaine, voire pour celle de 2027-2028.