Mercredi 25 novembre, les élèves de cinq lycées de l’agglomération rouennaise se sont affrontés avec leurs mots lors d’un concours d’éloquence sur le thème de la lutte contre les violences faites aux femmes, alors que se tenait le jour même la journée internationale contre ce fléau.
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Cinq minutes pour convaincre, c’est le défi des 15 lycéens candidats du concours d’éloquence qui s’est tenu ce mardi 25 novembre 2025 dans la salle du conseil municipal de la mairie de Rouen.
Parmi les élèves en lice, Lise, qui a choisi de travailler sur les viols de guerre : « Pascaline, 22 ans, a eu le choix, le choix de se faire violer ou de mourir, c’est ça son choix », scande-t-elle. Rose prend la parole à son tour, c’est la seule à avoir choisi le thème du consentement : « C’est un sujet qu’on n’aborde pas assez donc ça me tenait à cœur de le présenter. Je voulais être la voix de toutes ces femmes qui n’ont pas pu parler ».
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15 candidats se sont affrontés dans les salons du conseil municipal de la mairie de Rouen lors d’un concours d’éloquence.
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©Stéphane L’hôte/France 3 Normandie
Que ce soit pour aborder le cyberharcèlement sexiste, les violences conjugales ou les mutilations sexuelles, de faits au bout du monde ou au bout de la rue, les mots sont toujours forts, comme le constate Eléa Fleury, enseignante du lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen, qui encadre le projet.
« Ce sont des citoyens et des citoyennes de demain qui ont l’avenir devant eux et qui voient aujourd’hui la problématique de l’égalité fille-garçon. Tous les trois jours en France, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou ex-conjoint, donc il est essentiel que ces élèves s’emparent de ces violences », assure Eléa Fleury.
Cinq lycées de l’agglomération rouennaise s’affrontent (Val de Seine à Grand Quevilly, Marcel Sembat et Les Bruyères à Sotteville-lès-Rouen, Vallée du Cailly à Déville-lès-Rouen, André Maurois à Elbeuf), 3 élèves inscrits aux ateliers « Sciences Po » ont été choisis par établissement.
Chacun des candidats retenus a dû surmonter son stress avant de prendre la parole devant le public et le jury composé de cinq personnes, dont l’élue Laura Slimani, adjointe au maire en charge de l’égalité femmes-hommes, du handicap et de la lutte contre les discriminations, et l’avocate au barreau de Rouen Julia Massardier.
« Dès que je suis arrivée devant le pupitre, j’ai pris une grande respiration, je connaissais mon texte donc je me suis dit ‘j’ai de la chance d’être là, ça n’arrivera peut être qu’une seule fois dans ma vie’ et je suis partie à fond », raconte Nayah Denis, élève au lycée de la Vallée du Cailly à Déville-lès-Rouen.
Pour l’équipe enseignante, derrière ce concours ludique se cachent de nombreux objectifs pédagogiques comme l’acquisition d’une meilleure confiance en soi, la maîtrise des techniques oratoires mais aussi une mise en jambe pour le grand oral du baccalauréat en fin d’année et les examens futurs.
« J’aimerais bien m’orienter vers le droit notarial donc ce concours d’éloquence pourra être un beau test pour cette perspective d’avenir », s’enthousiasme Aliou Bah, élève au lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen.
Deux prix ont été attribué hier, celui du public et celui du jury. Ce dernier a été décerné à la jeune Ayo qui a choisi de traiter le délicat sujet des femmes victimes de viols de guerre en Afrique.
Avec Magali Nicolin et Stéphane L’hôte