Lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a cité un courrier dans lequel Éric Ciotti lui expose ses « lignes rouge clair et non négociables » parmi lesquelles « aucune augmentation des prélèvements obligatoires sur les particuliers comme les entreprises ».

« N’hésitez pas à en parler en intergroupe avec le groupe du Rassemblement national », a ironisé le chef du gouvernement en rappelant que le parti d’extrême droite avait « accompagné (…) ce budget avec 35 milliards d’euros supplémentaires d’impôts pour les entreprises sur les ménages ».

« Stop avec le double discours. L’absence de 49.3 va permettre la grande clarification », a-t-il asséné. « On ne peut pas avoir l’équipe qui va dîner avec les grands patrons pour les rassurer d’un côté pendant qu’une autre équipe ici augmente les impôts sur les particuliers et sur les entreprises ».

« On ne peut pas promettre l’ordre à Nice », dont Éric Ciotti brigue la mairie, « et le désordre à Paris », a encore lancé M. Lecornu.

En cas de duel au second tour des municipales en 2026, les deux hommes ne pourraient pas être départagés, selon un nébuleux « sondage » qui circule à Nice.

Le chef du gouvernement a aussi pointé les propositions de « contre-budget » du chef de file des députés UDR dont il n’a « pas trouvé trace dans les amendements » de son groupe au projet de budget pour 2026.

« Une idée certainement pour vous réclamer du gaullisme »

Il s’est également moqué du sigle de son groupe, UDR (Union des droites pour la République), qui rappelle celui de l’UDR (Union pour la défense de la République) des partisans du général De Gaulle en 1968.

« Une idée certainement pour vous réclamer du gaullisme, ce qui ne manque pas de malice au regard de vos nouvelles alliances électorales », a affirmé M. Lecornu. Le RN se réfère fréquemment au gaullisme qu’il a pourtant longtemps combattu.

Éric Ciotti dénonçait le rejet inédit, par la quasi-unanimité des députés vendredi soir, du projet de budget de l’Etat, « terrible symbole de l’effondrement de votre pouvoir ».

« Dans n’importe quelle démocratie respectueuse des institutions, un Premier ministre responsable aurait immédiatement démissionné », avait raillé l’élu.

« Rien de tel qu’un peu de finesse pour rafraîchir l’atmosphère », lui a répondu le Premier ministre, en l’invitant à défendre plutôt « le principe même d’un exercice parlementaire ».