L’affaire secoue déjà le monde du rap. Dans quelques mois, un
visage bien connu de la scène urbaine devra s’expliquer devant la
justice. Mais derrière cette convocation très médiatisée, un nom
intrigue : celui de Freeze Corleone, figure
centrale de la galaxie 667 et rappeur à l’aura sulfureuse,
un artiste habitué aux polémiques et aujourd’hui au cœur d’un
dossier extrêmement sensible. Tout est parti d’une phrase.
Quelques mots lâchés dans une rime devenue explosive. “En
défense j’suis Kalidou, t’es Lenglet. Burberry comme un grand-père
anglais. J’arrive dans l’rap comme un camion qui bombarde à
fond sur la…”. Ces vers, issus du morceau
Haaland, enregistré avec l’Allemand Luciano et sorti début
2024, ont immédiatement fait bondir les élus niçois et les
associations de victimes de
l’attentat du 14 juillet 2016.
Freeze Corleone devant la justice en février prochain
Car si Freeze Corleone ne prononce pas explicitement le nom de
la
Promenade des Anglais, la rime y renvoie de manière
suffisamment claire pour déclencher une enquête. Le parquet de Nice
y voit une possible apologie du terrorisme. Le
rappeur devra donc comparaître le 16 février 2026 devant le
tribunal correctionnel. L’émoi est immédiat. Dès le lendemain de la
sortie du morceau, les réactions s’enchaînent.
Jean-Claude Hubler, fondateur de Life for Nice, dit être
“horrifié”. D’autres victimes déposent
plainte. Pendant plusieurs mois, Freeze Corleone ignore
les convocations. Finalement entendu en audition libre, il refuse
de répondre aux questions, invoque son droit au silence et se voit
notifier sa citation à comparaître. Cette nouvelle affaire rallume
un passé médiatique chargé. Freeze Corleone, de son vrai
nom Issa Lorenzo Diakhaté, avait déjà fait face en 2020 à
une enquête pour “provocation à la haine
raciale”. En cause : des clips contenant des propos
ouvertement antisémites, comme “J’arrive déterminé comme Adolf
dans les années 1930” ou “tous les jours RAF de la Shoah”.
Un rappeur aux nombreuses
polémiques
L’affaire avait été classée sans suite, mais son label Universal
Music l’avait immédiatement lâché, jugeant ses paroles
“inacceptables”. Depuis, sa carrière se poursuit dans un
univers indépendant, suivie par une communauté aussi fidèle que
polémique.
Ces dernières années, plusieurs de ses concerts ont été
interdits à travers le pays, les autorités craignant la reprise de
propos injurieux sur scène. Avec Haaland, l’artiste se
retrouve une nouvelle fois face à la justice.