Un motet à cinq voix

Un compositeur auquel l’actuel président de l’académie, Joël Dehais, s’intéresse de près. Mélomane, musicien lui-même, il avait déjà fait acheter une partition qu’il croyait être de lui en 2022, « mais son écriture correspond plus au style du XIXe siècle. On suppose qu’elle est en fait de Pierre Rode, un autre compositeur bordelais. »

La partition du « Libera me, Domine » créé le 28 janvier 1716 et qui n’a pas été redonnée depuis 309 ans.

La partition du « Libera me, Domine » créé le 28 janvier 1716 et qui n’a pas été redonnée depuis 309 ans.

Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts

La partition qui sera jouée samedi 29, est, elle, un motet à cinq voix avec accompagnement instrumental, écrit en hommage à Louis XIV, décédé quelques mois plus tôt. « Elle est intégrée dans un Requiem de Jean Gilles, maître de chapelle à Toulouse, qui n’avait pas composé la partie finale. Celle-ci est anonyme. Comme c’était Sarrau de Boynet qui dirigeait l’orchestre, il est très vraisemblable qu’il a aussi composé cette partie. »

Isaac Sarrau de Boynet : « Il a créé l’école de musique qui est l’ancêtre du conservatoire. »

Isaac Sarrau de Boynet : « Il a créé l’école de musique qui est l’ancêtre du conservatoire. »

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C’est à la bibliothèque municipale que Joël Dehais a déniché cette pièce d’une douzaine de minutes. L’occasion de faire revivre une œuvre fondatrice. « C’est avec Sarrau de Boynet que la vie musicale a vraiment commencé à Bordeaux. Auparavant, elle se limitait au cadre religieux ou aux salons de la noblesse. Mais avec la création de l’académie, chaque séance s’est terminée par des chœurs avec accompagnement musical. Et à partir de 1750, ils ont été ouverts au public. Pour que la qualité des concerts soit suffisante, il fallait former les chanteurs et les musiciens. Sarrau de Boynet a alors créé une école de musique, qui est l’ancêtre du conservatoire. » Retour aux sources samedi 29.