Le chancelier allemand a annoncé qu’il allait demander vendredi 28 novembre dans un courrier officiel à l’Union européenne la levée de l’interdiction de vente des voitures non électriques neuves prévue pour 2035, afin de soutenir l’industrie automobile.
La réglementation, mesure emblématique du Pacte vert européen lancé en décembre 2019, est destinée à lutter contre le réchauffement climatique. Mais passer au tout électrique a un coût important et représente un défi technologique et industriel. En outre, la Chine a pris une longueur d’avance, produisant des véhicules électriques moins chers que les géants allemands.
À l’issue d’une réunion nocturne de la coalition gouvernementale allemande, Friedrich Merz a annoncé qu’il enverra vendredi « une lettre à la présidente de la Commission européenne » Ursula von der Leyen pour lui demander « d’ajuster et de corriger la réglementation sur la mobilité ».
« Je vais demander que la Commission autorise après 2035 les véhicules électriques mais aussi toujours les véhicules à propulsion hybride » rechargeables, a-t-il dit, avant de réclamer aussi « l’homologation de moteurs thermiques à très haute efficacité » et des prolongateurs d’autonomie.
Selon lui, il s’agit de mieux faire correspondre les objectifs climatiques de réduction des émissions, « la compétitivité de l’industrie automobile européenne » et la préservation de l’emploi.
Verdict attendu le 10 décembre
La coalition au pouvoir en Allemagne, réunissant conservateurs et sociaux-démocrates, a en outre décidé d’une prime à l’achat de véhicules hybrides rechargeables et électriques d’au moins 3 000 € pour « les ménages à revenus moyens et faibles ».
C’est le 10 décembre que la Commission a prévu d’annoncer des mesures pour soulager le secteur automobile et l’aider dans sa transition vers la décarbonation.
Mercredi, à l’occasion d’une réunion en Allemagne du secteur de l’automobile, le vice-président de la Commission européenne Stéphane Séjourné avait laissé entendre que l’UE pourrait revoir l’interdiction de la vente de véhicules neufs à moteurs thermiques en 2035.
L’économie allemande est en crise, navigant entre récession et stagnation. Elle est minée par le coût de l’énergie, un manque d’innovation, la concurrence chinoise, les tarifs douaniers américains et des barrières bureaucratiques jugées trop lourdes par les entreprises.
L’UE, confrontée à une économie morose sur le continent, prépare des mesures pour assouplir une série de réglementations afin de relancer l’industrie et rattraper le retard pris dans l’intelligence artificielle.