Après que le directeur de l’école maternelle Cloteaux à Rennes a été menacé de mort par les parents d’une fillette qui ne voulait pas d’un enseignant homme, le syndicat SNUIPP FSU 35 rappelle que les professeurs des écoles ont appris à être vigilants et à ne plus être seuls avec des enfants.

Le vendredi 21 novembre, 150 personnes se rassemblaient devant l’école maternelle Cloteaux à Rennes pour soutenir le directeur, menacé de mort, en octobre, par un couple de parents qui ne voulaient pas qu’un homme enseigne à leur fille, terrifiés par l’idée qu’elle pourrait être agressée sexuellement**. Une crainte totalement infondée, le directeur n’a jamais été mis en cause dans une affaire de ce genre. Très choqué, il est depuis en arrêt maladie et a porté plainte avec le soutien du rectorat.

« On a appris à se protéger »

Des agressions sur des enfants dans des écoles, il y en a eu au point que la formation des enseignants a évolué tout comme les règles internes d’accompagnement des petits. « La société fait que les parents sont de plus en plus inquiets et des questions qui n’ont pas lieu d’être peuvent se poser. Nous sommes des professionnels, il n’y a pas de risque aujourd’hui avec les enseignants et les enseignantes de maternelle. On nous apprend la vigilance, on ne fait plus les choses seul, car on a appris à se protéger. Se retrouver seul avec un enfant ou un élève, quel que soit son âge, on l’évite vraiment beaucoup. En maternelle, on a les ATSEM pour les soins du quotidien et notamment pour le passage aux toilettes. Nous, on est là pour tout ce qui concerne la pédagogie et la responsabilité » explique Emmanuelle Maray, la secrétaire départementale syndicat SNUIPP FSU en Ille-et-Vilaine.

« Ce collègue ne reviendra pas intact »

Lorsqu’on est un homme, enseignant en école maternelle, est-on encore plus particulièrement sur ses gardes ? « Clairement oui, mais c’est l’évolution de la société qui veut ça, c’est la médiatisation de certains faits extrêmement malveillants. Aujourd’hui, un homme enseignant de maternelle est extrêmement vigilant sur tous ses gestes quotidiens. Et des affaires comme celle qui s’est passée aux Cloteaux va renforcer cette vigilance. Dans cette affaire, c’est une discrimination très difficile à vivre. Ce collègue, il ne reviendra pas intact de ce qui s’est passé. Il n’a rien à se reprocher, mais il ne pourra pas redevenir l’enseignant qu’il était avant. Il redoublera de précautions, de questionnements. C’est extrêmement fragilisant ce qu’il a vécu, voire destructeur  » ajoute Emmanuelle Maray.