Les vendredi 21 et samedi 22 novembre, la rédaction de Marcelle a organisé un “live”, une version grandeur nature de son guide du Marseille désirable. Avec une déclinaison de ses chapitres en plusieurs temps : un marché engagé, des associations en quête de bénévoles, des collectes solidaires, des tables rondes, des BA, des promenades urbaines.
C’est à la Cômerie, nouvelle place forte de Yes We Camp à Marseille qui nous a ouvert grand ses portes, que la plupart de ces temps forts se sont tenus. Un fort mistral nous a amenés à abandonner l’option marché de plein air, réorganiser les espaces et nous serrer davantage. Le moment a gagné en chaleur et en pittoresque !
Chapitre Consommer
Gai et diversifié, le Marché désirable de l’Avent a rassemblé une douzaine d’étals dans le réfectoire l’ancien couvent. À leur tête, des artisans et créateurs qui intègrent recyclage, upcyclage, inclusion ou bio dans leur travail. Vous pouvez les retrouver via leurs sites respectifs : Atelier Poupe (bijoux et déco à partir de pare-battages recyclés), Atelier Regain (prêt-à-porter et linge de maison), Au Contraire (pâtisseries et biscuits), Delphine Viellard (bonnets et cagoules), Espigas (sneakers, sacs et accessoires), Fleurs de Marseille (compositions séchées et graines), Ipsago (biscuits élaborés à partir de « délaissés »), Maison Ferroni (spiritueux), les Marmites solidaires (confitures et bocaux), Microcosmos (vins nature) et Terrakoa (chocolats).
♦ Pour trouver notre guide ! La version chic se trouve encore dans quelques librairies – La version “live” sera sur le stand Marcelle des marchés de Noël de la Villa Gaby (dimanche 7 décembre à partir de 9h30, 7e) et du LICA (vendredi 12 décembre à partir de 17h, 4e).
Chapitre donner
Passe à ton voisin. Nous vous avions proposé d’apporter un certain nombre d’articles dont vous n’avez plus l’utilité, pour les remettre à des associations qui en font bon usage. Étaient présents ATD Quart Monde (livres jeunesse en très bon état), Emmaüs Connect (smartphones, tablettes, ordinateurs portables), la Cravate Solidaire (vêtements de ville adaptés hors sportswear), On se gèle dehors (vêtements chauds et duvets) et la Recyclerie Sportive (vêtements et articles de sport). Vous pouvez toujours vous rapprocher d’eux pour de nouveaux dons.

Chapitre se retrouver
La roue des Philosophes Publics a tourné pour une quinzaine de participants. Une question a été tirée au sort : “Que chacun.e se sente chez soi partout dans la ville, est-ce un idéal inaccessible ?” Marc Rosmini, un des professeurs de philo présents, raconte : « Nous avons réfléchi sur ce qui fait qu’on peut se sentir à sa place, ou pas, dans tel ou tel quartier, à telle ou telle heure, selon notre âge, notre genre, notre couleur de peau, nos peurs, nos traumas, etc. Il a été question de politique de la ville, d’espace public, d’urbanisme, de mœurs, mais aussi de préjugés, de ressentis, de représentations. Les exemples ont été variés : il a notamment été question de Bruxelles, mais bien sûr nous avons surtout parlé de Marseille, ses clivages, ses frontières internes, et la manière par laquelle s’y cultive, de manière plus ou moins factice, un sentiment commun d’appartenance. »
Une table ronde a permis d’y voir plus clair sur ce qu’est la ville désirable, et en l’occurrence, le Marseille désirable. Forts de leur expertise, Brigitte Bertoncello (urbaniste et membre du Laboratoire Population Environnement Développement IRD-Aix Marseille Université), Nathalie Gatellier (cofondatrice de la Fabrique du Nous), Julie Rosenfeld (déléguée générale du Fonds de dotation Entreprendre pour toi) et Nicolas Detrie (fondateur et directeur de Yes We Camp) ont exposé ce qui nourrit la question dans leurs champs respectifs.
© Didier Illouz
Nous reviendrons plus en détail sur ce moment et sa matière. Mais sachez qu’on y a parlé adjectifs : humaniste, fraternelle, praticable, solidaire, apaisée, durable, inclusive, harmonieuse, accueillante, plantée, verte… quelques-unes des qualités attendues pour une ville désirable. Surtout pas Bisounours, ni utopique. On y a explicité des concepts : ville du quart d’heure, espaces d’hospitalité créative, 1% fraternité, engagement entrepreneurial, ville à hauteur d’enfant, création de richesse…
Chapitre s’engager…
Une petite causerie sans chichis avec les deux grands partenaires de cet événement : Sandrine Motte (directrice générale de la Société des Eaux de Marseille) et Auguste Marques (chargé des partenariats à la Maif). Un échange mené par la journaliste Maëva Gardet-Pizzo, qui a porté sur la notion d’engagement. Un terme que partagent les 230 adresses de notre guide, que ce soit dans le domaine de la culture, de la santé ou de l’alimentation. Mais c’est quoi exactement, l’engagement ? Et comment transmet-on l’envie de s’engager autour de soi ? Nos invités ont répondu de bonne grâce, agrémentant le propos de quelques anecdotes personnelles sur les racines de leur sens de l’engagement.
© Didier Illouz
À l’autre bout de la Cômerie, une dizaine d’associations engagent la conversation avec nos visiteurs et lecteurs. Elles ont été sélectionnées parce qu’elles sont en recherche de bénévoles pour leurs actions. Il s’agit de : 1 Déchet par Jour, Singa Marseille qui crée du lien entre réfugiés ou demandeurs d’asile et Marseillais ; Ramina – Réseau d’Accueil des Minots Non Accompagnés en quête d’hébergements courts chez les particuliers ; le Relais Enfants-Parents des Baumettes (bénévoles pour accompagner les enfants lors des visites – rep.marseille@free.fr) ; le Super Cafoutch, supermarché coopératif et participatif qui cherche des coopérateurs ; la COMAC (Collective marseillaise pour l’alimentation et les communs) élabore la Sécurité sociale de l’alimentation à Marseille avec qui s’y intéresse.
Ainsi que les cinq structures mentionnées au chapitre « donner ».
… et passer à l’acte !
Une dizaine de bénévoles se sont donné rendez-vous pour la maraude On Se Gèle Dehors (OSGD) fixée tous les samedis de 9 h à 11 heures sur la Canebière (Monoprix). Une centaine de bénéficiaires ont ainsi pu bénéficier de café, plats chauds concoctés par ‘’Monsieur Gilbert’’, vêtements d’hiver, couvertures et sacs de couchage.Cette association, fondée par Dany Jacquin en 2015, cherche en permanence des bénévoles et des dons. À déposer le samedi matin à la maraude ou dans leur local, 374 rue de Lyon, Marseille 15e, tous les matins (sauf dimanche). Pensez aux « boîtes de Noël » (une gourmandise, un loisir, un mot doux, un accessoire chaud, un produit d’hygiène).
Maraude On Se Gèle Dehors ©DR
Toujours samedi matin, le rituel d’engagement Samedi Bien, organisé par Benenova, s’était placé sous le signe de l’intergénération. Une centaine de bénévoles ont participé à huit actions collectives : cours de danse, atelier cuisine, atelier tricot et belote… avec les seniors de Ma Maison Petites Soeurs des Pauvres Marseille, la Résidence Notre-Dame, Les Jardins d’Haïti, un club seniors, etc.). À midi, un buffet partagé a été offert dans la maison de retraite des Petites Sœurs des Pauvres, suivi d’un grand loto intergénérationnel animé par les humoristes Gabrielle Giraud et Fabien Gaudioso.
Le prochain Samedi Bien axé ‘’handicap et lutte contre la précarité’’ aura lieu le 6 décembre à Marseille entre 9 et 14 h 30 : 13 actions bénévoles dans toute la ville et un repas au Cabanon de Simon.
Chapitre se cultiver
Deux moments comme deux parenthèses pour écouter, les yeux fermés si on le souhaitait. D’abord un joli voyage musical emmené par Joël Versavaud, saxophoniste et joueur de doudouk qui fait partie de la formation Piano and Co.
Puis un final en forme de lecture, avec l’amicale participation de Robin Renucci, directeur du théâtre national de La Criée. On avait évoqué Blaise Cendrars, Hadrien Bels, Albert Londres… Circonstances et empathie obligent, le choix s’est finalement porté sur la tribune écrite par Amine Kessaci et publiée dans le quotidien Le Monde.
Chapitre (re)découvrir la ville
À la découverte des fresques de Marseille avec Méta 2 @ MauMA
Dès 10 heures, malgré une météo qui pinçait, la médiatrice d’Atelier Méta 2 a entraîné un petit groupe d’amateurs de street art à la découverte du MauMA. Le Musée des arts urbains de Marseille est un parcours à ciel ouvert créé en 2022, qui traverse quatre arrondissements de l’arrière-port, entre Mucem, marché aux puces et Friche Belle de Mai. Il se déroule au gré d’une petite quarantaine d’œuvres urbaines signées par des artistes du monde entier. On y découvre surtout des fresques murales, monumentales parfois, mais aussi sculptures et mosaïques. Deux heures de marche qui ont conquis et réchauffé les participants. Pour réserver une balade : mediation@meta2.fr
De son côté, l’artiste-baladrice Bénédicte Sire a embarqué gracieusement quinze participants pour sa balade urbaine ‘’Belsunce, Baroque et Populaire’’. Durant trois heures, ils ont exploré un quartier baroque et méconnu, investi au 17ème siècle par la bourgeoisie marseillaise. Voyagé avec un maréchal d’Empire, une marquise et de valeureux habitants incarnés par Bénédicte Sire. Rencontré des artistes et des habitants qui ont révélé leurs parcours de vie et d’expériences hors de l’ordinaire. D’autres balades les 13 décembre et 10 janvier 2026. Contact : imagesonetcompagnie@gmail.com
C’était notre premier live, nous espérons que vous l’avez trouvé désirable, et restons à l’écoute de vos suggestions pour la suite des aventures de notre guide. ♦
Arpenter le Belsunce baroque © Marcelle