La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a rendu vendredi un verdict lourd dans une affaire emblématique de la guerre des gangs marseillaise. Deux hommes, Mohamed Seghier et Christopher Aouni, ont été reconnus coupables du double assassinat de Nouri Lakas et Nasser Khellaf, tués le 4 février 2016 sur le parking d’un centre commercial. Malgré leurs dénégations, les jurés ont suivi les réquisitions de l’avocate générale.

Cadre de la bande criminelle de Marignane, Mohamed Seghier écope de la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans. Il est également condamné pour la détention d’armes découvertes dans un box à Aix-en-Provence. Déjà sanctionné de trente ans de réclusion pour l’assassinat en 2014 de Karim Tir, ancien manager du rappeur Jul, il a reconnu son appartenance au groupe de Marignane tout en affirmant : « Ce sont mes amis, mes collègues mais je ne faisais pas les mêmes choses qu’eux. » Face aux jurés, il a encore plaidé son innocence : « Je n’ai pas tué Nouri Lakas et son collègue… Je n’ai pas de sang sur les mains. » Avant le délibéré, il a lancé : « S’il vous plaît, je ne suis pas un monstre. »

D’autres affaires en attente de procès

Christopher Aouni, quant à lui, est condamné à trente ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté équivalant aux deux tiers de la peine. Ses avocats ont dénoncé une construction accusatoire reposant selon eux sur « des éléments de téléphonie erronés » et des « analyses faussées ». Ils ont rappelé que leur client avait été acquitté en février 2024 dans une autre affaire d’assassinat. L’accusation décrivait pourtant un « tueur à gages froid qui ne tremble pas quand il tue », une image que la défense a contestée avec vigueur.

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Ce double homicide s’inscrit dans une vendetta meurtrière entre plusieurs clans marseillais, opposant depuis 2010 les familles Tir et Berrebouh à la famille Remadnia, alliée à la bande de Marignane. Les avocats de Mohamed Seghier et de Christopher Aouni ont tous deux invoqué le doute quant à la participation de leurs clients au commando ayant ouvert le feu sur les deux victimes. L’affaire ne marque pas la fin des procédures pour Christopher Aouni : il doit encore comparaître en 2026 devant trois cours d’assises pour deux autres assassinats et une tentative d’assassinat.