« Mais c’est quoi ce délire ? Ils sont à nouveau en panne ? » s’esclaffe une jeune fille en découvrant les trois tapis roulants de la station Châtelet à l’arrêt. « Oui, ça fait déjà plusieurs semaines », lui rétorque son ami. « C’est un running gag, ce truc ! » s’amuse-t-il.

En attendant, les voyageurs, eux, auront peut-être moins le sourire en apprenant que ces trois ouvrages qui relient les lignes 1, 7 et 11 du métro parisien, à la station Châtelet les Halles, ne vont pas être remis en service de sitôt. Depuis quelques jours déjà, le panneau d’information sur la date de relance des trottoirs n’indiquait plus la fin novembre mais renvoyait désormais à la fin décembre. Et, finalement, les délais vont être encore beaucoup plus longs, de plusieurs mois.

Les expertises viennent de tomber : elles ont mis en évidence un défaut de fabrication des palettes, les « marches » de l’escalier mécanique. Cette anomalie pourrait fragiliser l’ensemble de la structure, il faut donc en passer par une opération de complet renouvellement.

« La RATP et le fabricant vont mettre en œuvre un plan d’actions pour procéder au remplacement des 2400 pièces des trois tapis roulants », indique-t-on au siège de la Régie.

Une opération qui va être longue puisqu’il faut fabriquer les palettes, et on en compte 800 par tapis. « Compte tenu des délais de fabrication puis d’intervention, nous estimons que la remise en service complète de l’ensemble des trottoirs roulants nécessitera un délai d’au moins six mois », explique la RATP.

Les trottoirs avaient pourtant déjà fait l’objet d’une interruption de plusieurs jours au mois d’août. « Mais à l’époque, il s’agissait d’une opération de maintenance de la main courante sur laquelle les passagers s’appuient », précise l’opérateur. Les anomalies sur les « marches » n’ont été repérées qu’ultérieurement. Par mesure de sécurité, la RATP avait alors décidé de mettre à l’arrêt les trois trottoirs.

Les usagers vont donc devoir prendre leur mal en patience ou choisir un autre itinéraire avant de pouvoir à nouveau se laisser glisser sur ces appareils qui permettent de traverser le long tunnel de 160 m de long. « Le cheminement dans le couloir de correspondance reste accessible aux voyageurs », indique la RATP.

Certains réfléchissent néanmoins à un itinéraire bis. « Je crois que je vais éviter de passer par là parce que le soir, le passage est très emprunté, les tapis sont plutôt étroits et ça bouchonne très vite, explique Lyvia, qui travaille dans le quartier de la place d’Italie. Je vais étudier quel itinéraire bis je peux mettre en place pour contourner cette galère. »