L’Ukraine a revendiqué, samedi 29 novembre, l’attaque de deux pétroliers en mer Noire, au large de la Turquie, disant avoir frappé avec des drones navals des navires de la flotte fantôme russe utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales. Une source au sein des services de sécurité ukrainiens (SBU) a affirmé que ces pétroliers, le Kairos et le Virat, avaient été la cible de drones « Sea Baby » lors d’une opération conjointe entre le SBU et la marine ukrainienne.
Selon cette source, ils étaient vides au moment de l’attaque et se rendaient au port russe de Novorossiïsk pour être réalimentés en hydrocarbures. Ce port russe avait fait l’objet d’une attaque de drones plus tôt samedi matin, selon les autorités locales. Ce terminal permet d’exporter le pétrole venant de l’un des oléoducs les plus importants au monde, partant de champs pétrolifères du Kazakhstan, au bord de la mer Caspienne, et traversant la Russie vers la mer Noire.
Ces derniers mois, l’armée ukrainienne vise régulièrement des sites pétroliers et des raffineries en Russie. Elle souhaite ainsi perturber la rente des hydrocarbures, qui permet à Moscou de financer son effort de guerre.
Trois morts dans des frappes russes
De son côté, Moscou poursuit ses attaques nocturnes massives sur l’Ukraine, en visant en particulier le système énergétique pour faire plier la population. Dans la nuit de samedi, 36 missiles et 596 drones russes ont visé l’Ukraine, selon l’armée de l’air ukrainienne. Ces frappes ont fait deux morts à Kiev, un autre dans la région de la capitale et au moins une trentaine de blessés, selon le ministère de l’Intérieur. Au moins 600.000 usagers ont été privés de courant. « À la suite de l’attaque, plus de 500.000 usagers à Kiev, plus de 100.000 dans la région de Kiev et près de 8.000 dans la région de Kharkiv se sont retrouvés sans électricité ce matin », a indiqué samedi le ministère ukrainien de l’Énergie.
Zelensky à Paris lundi
Ces attaques interviennent alors que l’Ukraine fait face à une forte pression sur le front politique. L’administration de Volodymyr Zelensky est secouée par un grave scandale de corruption qui a poussé le président ukrainien à limoger vendredi son chef de cabinet, Andriï Iermak, bras droit extrêmement influent, affaiblissant sa position.
Afin de peser dans les pourparlers pour mettre fin au conflit, Kiev a envoyé une équipe de négociateurs samedi aux États-Unis afin de discuter du plan de paix américain. À l’issue de cette rencontre, Emmanuel Macron recevra Volodymyr Zelensky lundi à Paris, a annoncé l’Élysée. « Les deux dirigeants échangeront sur la situation et sur les conditions d’une paix juste et durable […]. Ils feront également le point sur le travail engagé sur les garanties de sécurité dans le cadre de la coalition des volontaires », a indiqué la présidence française.