Par
Léa Afonso
Publié le
1 déc. 2025 à 12h59
Près de six mois après l’effondrement spectaculaire de son plancher, la maison du 6 rue Louis Massé, dans le quartier Bonnefoy à Toulouse, revient au cœur de l’actualité. Alors que le bâtiment était sous surveillance de Tisséo depuis l’incident lié au passage du tunnelier de la future ligne C du métro, va-t-il être démoli ? Une hypothèse désormais sérieusement envisagée par Tisséo. Ce que l’on sait.
Un effondrement en juin et une rue toujours barrée
Le 20 juin 2025, en début d’après-midi, tout bascule pour le 6 rue Louis Massé. « Une dame était dans la cuisine. Elle a eu le temps de dire “j’entends un crac” et d’appeler les pompiers avant que tout s’effondre », racontait un agent présent sur place le jour même.
Le plancher du salon s’était alors affaissé de près de deux mètres, peu de temps après le passage du tunnelier se dirigeant vers la future station Bonnefoy. S’ensuivait la fermeture immédiate de la rue (toujours en vigueur début décembre), l’évacuation de plusieurs habitations et des travaux d’urgence de consolidation entrepris par Tisséo.

Le plancher s’était affaissé de deux mètres à l’intérieur du salon du 6 rue Louis Massé. (©Rodolphe / Voisin de la maison effondrée)Vers une démolition ?
Six mois plus tard, la situation évolue. « Nous avons sollicité le tribunal pour qu’une enquête soit menée sur les responsabilités », explique Jean-Jacques Laporte, directeur du projet Ligne C chez Tisséo Ingénierie. « L’enquête est toujours en cours ».
Un premier avis d’expert vient pourtant jeter un froid : « Au vu de l’état du bâtiment et de l’affaissement de 2 mètres, le coût de remise en état serait trop important. L’expert estime que la solution la plus simple serait une démolition », poursuit le responsable.
Cette conclusion n’est toutefois pas définitive. L’expert a mandaté un bureau d’études pour confirmer — ou infirmer — cette recommandation.
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Quelles conséquences pour les maisons voisines ?
Le 6 n’est pas la seule maison à avoir été touchée. Les logements du 4 et du 8 rue Louis Massé, ainsi que les numéros 5 et 7 de la rue Béteille, situés juste derrière, avaient, eux aussi, été évacués.
- Le 4 rue Louis Massé : peu de dégâts, mais des questions : « Le 4, qui est une construction en béton armé, n’a pas subi de dommages supplémentaires. La question est maintenant de savoir, si le 6 est démoli, ce qu’il adviendra de la terrasse du 4, qui est liée au bâtiment sinistré. »
- Le 8 rue Louis Massé : vérifications en cours. Les experts devront déterminer si le mur porteur du 6 est structurellement lié à celui du 8. « Des sondages vont être effectués. Notre analyse interne ne montre pas de dégradation, mais seules les études détaillées permettront de trancher. »
- Du côté des habitations de la rue Béteille, l’enjeu consiste à sécuriser une cour (au 7) et une cage d’escalier (au 8) donnant toutes deux sur la rue Louis Massé.
Habitants relogés et situation toujours sous tension
Les résidents concernés sont toujours relogés par Tisséo, dans des conditions désormais pérennes. Si le numéro 6 devait être détruit, son occupante continuerait d’être hébergée. « Il s’agit d’un bien en viager, précise Tisséo. Nous sommes en contact avec elle, mais aussi avec les propriétaires, une société d’investissement. Nous entrons quand c’est possible dans le logement pour récupérer ses affaires, mais tout n’a pas pu être récupéré pour l’instant. »
Tisséo se veut néanmoins rassurant : « Il n’y a pas de risque d’effondrement spontané ». Mais la réalité reste complexe : la rue devrait rester fermée jusqu’à la fin des investigations et de l’enquête judiciaire.
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