Entrepreneure près de Nantes, Louise Bruneau a créé le «Club des Solos» pour permettre aux travailleurs indépendants de profiter des mêmes avantages que des salariés.
L’union fait la force. Telle est la philosophie de Louise Bruneau. Cette habitante d’Ancenis (à environ 40 km de Nantes) à la fibre entrepreneuriale vient de créer «Le Club des Solos». En résumé, il s’agit d’une sorte de comité d’entreprise… sans entreprise, à destination des travailleurs indépendants. Artisans, commerçants, travailleurs libéraux, micro-entrepreneurs, dirigeants… L’idée est de leur faire profiter des mêmes avantages que les salariés.
«En tant qu’indépendant, on est obligé de payer notre place de cinéma ou nos vacances plein pot. C’est dommage!», observe la toute juste trentenaire, qui au quotidien aide les parcs d’attractions à développer leur offre boutique. Étant elle-même à son compte, elle a cherché ce qui existait pour profiter de réductions. «Soit cela n’était pas très documenté, soit un peu éteint», constate celle qui anime une page Instagram. La FNAE (fédération nationale des autoentrepreneurs et microentrepreneurs), par exemple, dispose d’un outil similaire, à condition d’être adhérent de l’organisation.
Jusqu’à 900€ d’économies par an
Louise Bruneau a donc lancé cet été un dispositif ouvert à tous. La formule proposée est mensuelle ou annuelle. «En moyenne, nos membres économisent 900 euros par an sans changer leurs habitudes !», mentionne son site internet, pour une adhésion annuelle de 59,90 euros. Les offres concernent des domaines variés : courses, voyages, loisirs… Autre particularité : elle collabore avec une plateforme qui négocie des offres locales. Ce prestataire «a des agents qui travaillent pour démarcher des PME et intégrer des offres locales partout en France», détaille la jeune femme.
«Il n’y a pas de raison pour qu’ensemble, on n’ait pas autant de poids pour aller négocier qu’une multinationale. Il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui ont quatre millions de salariés. Finalement, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas avoir accès à ces mêmes avantages», insiste celle qui n’exclut pas un jour de vivre de cette initiative selon son développement. «Plus j’ai d’inscrits, plus j’ai de poids», constate-t-elle, avec déjà plus de 300 inscriptions. D’autant qu’aujourd’hui, «il y a des statistiques qui nous disent qu’il y a vraiment de plus en plus d’indépendants. Ça explose. Tout le monde tente de se mettre à son compte, avec plus ou moins de succès». La jeune femme propose d’ailleurs des conseils sur les réseaux à destination des travailleurs solos, sous forme de webinaires.
Selon une récente étude de l’Insee, la France comptait en 2022 4,4 millions d’indépendants, dont 4 millions de non-salariés. Cela représente + de 72% de non-salariés (hors agriculture) par rapport à 2008. Les secteurs les plus touchés par cette augmentation sont les services de transports dont les VTC (+147%), les services aux entreprises et services mixtes (+132%) et les services aux particuliers hors santé (+104%). Cette hausse est «stimulée par la création du statut de micro-entrepreneur», souligne l’étude de l’Insee publiée en mai dernier. Ces micro-entrepreneurs, qui cumulent parfois leur activité avec du salariat, gagnaient en moyenne 670 euros par mois en 2022. Contre environ 4030 euros par mois pour les non-salariés «classiques».