C’est un appel au calme – ou un rappel à l’ordre – qui vise l’Ukraine autant que la Russie. Après une série d’attaques, la Turquie, la Roumanie et la Bulgarie, qui coopèrent depuis près de deux ans pour sécuriser la mer Noire, notamment en luttant contre les mines flottantes, insistent d’une même voix sur « la nécessité de préserver la liberté de navigation (…) et de respecter le droit international ».
Depuis le 28 novembre, trois navires russes ont été la cible de drones dans les eaux de la Turquie, rappelle notre correspondante à Ankara, Anne Andlauer. L’Ukraine a revendiqué deux de ces trois attaques sur la « flotte fantôme » russe. Kiev a nié en revanche mardi toute responsabilité dans l’attaque d’un troisième navire, un cargo battant pavillon russe en route vers la Géorgie.
Ces frappes montrent « que la zone de conflit s’étend »
En marge d’un sommet des ministres des Affaires étrangères de l’Otan à Bruxelles, le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan, a échangé avec ses homologues roumain et bulgare au sujet de ces attaques. Hakan Fidan s’est aussi entretenu à ce sujet avec le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte. Le ministre turc, dont le pays maintient des liens étroits avec les deux belligérants, a estimé mercredi 3 décembre que les frappes en mer Noire montraient « que la zone de conflit s’étend », « ce qui est très inquiétant ».
Les ministres turc, roumain et bulgare ont également réaffirmé « la volonté de faire de la mer Noire une mer de paix, de stabilité et de coopération », a souligné la source diplomatique turque.
Ces attaques à répétition alarment particulièrement la Turquie, pour qui la sécurité en mer Noire est un enjeu stratégique et commercial majeur depuis le début du conflit en Ukraine.
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