« Merci, merci beaucoup… C’est magnifique. » Solange Macadré, 95 ans, a les larmes aux yeux, saisie par une émotion qu’elle n’arrive pas à contenir.

Après une séance de coiffure suivie d’une séance de maquillage, la nonagénaire vient de se découvrir transformée en se regardant dans une glace. Ses remerciements vont aux deux apprenties en coiffure et esthétique qui ont pris soin d’elle le temps d’un après-midi.

Début du vote le 31 mars

Solange Macadré fait partie des cinq résidentes de l’Ehpad Saint-Charles, à Bayon, qui participent au concours national Miss Grand-mère. Ce mardi 2 décembre, elle a passé un moment inoubliable à la CMA (Chambre des métiers et de l’artisanat) Formation Nancy, en compagnie d’Annette Penet, 78 ans, de Thi-Duc Bellon, 93 ans, Marie-France Lochard, 82 ans, et Nicole Briba, 88 ans.

Les cinq résidentes de l’Ehpad Saint-Charles, accompagnées par Nathalie Gérardin, ont été confiées à cinq apprenties coiffeuses et cinq apprenties esthéticiennes, en deuxième année de CAP. « Les apprenties ont pour mission de les mettre en beauté pour le concours de Miss Grand-mère  », explique Nathalie Gérardin, coiffeuse salariée à l’Ehpad Saint-Charles, à Bayon. « Une fois qu’elles auront toutes été coiffées et maquillées, on les prendra en photo. Pour le concours, il faut présenter un cliché pris avant et un autre après les séances de coiffure et de maquillage. Ce sont d’après ces photos que les gens pourront voter pour leur Miss Grand-mère spécial Ehpad, à partir du 31 mars 2026, première étape du concours ».

Pour Irène Jouglard, responsable de la classe CAP deuxième année de coiffure, c’est une belle expérience pour les apprenties. « Cette journée renforce le lien intergénérationnel.  Nous avons choisi les apprenties pour leur pratique mais aussi pour leur savoir-être et leur personnalité. Coiffer des personnes âgées demande plus d’attention et de douceur. Elles doivent s’adapter, elles n’ont pas l’habitude de faire des coiffures telles que des mises en plis. »

Du bonheur dans les yeux

Sarah Bruant, conseillère principale d’éducation, évoque quant à elle une journée tournée vers l’empathie et les échanges. « Nos filles ont plutôt l’habitude qu’on leur propose des concours où elles doivent travailler vite, avec la pression de la réussite. Aujourd’hui, c’est tout autre chose. Elles prennent le temps d’écouter, d’échanger, de rassurer leurs clientes. » Marie Vinel, professeure d’esthétique, salue elle aussi les bienfaits de cette journée, autant pour les résidentes de l’Ehpad que pour les apprenties. « Dans leur carrière, nos futures esthéticiennes seront plus souvent amenées à faire du maquillage pour des mariages que de sublimer la beauté naturelle de personnes âgées. Elles sont toutes très enthousiastes. »

À voir les sourires, il semble que le pari soit gagné. « Ce qui m’émeut, confie Léa Perroux-Gay, 16 ans, en CAP esthétique, c’est de lire le bonheur dans les yeux de toutes ces dames âgées. »