Par
Fabien Binacchi
Publié le
4 déc. 2025 à 16h16
Elle forme une ligne droite d’un demi-kilomètre en déboulant de la Canebière, depuis la place du Général-de-Gaulle (1er) jusqu’à celle d’Estrangin (6e). Inaugurée en 2017, la bande cyclable de la rue Paradis, qui ouvre la voie vers les quartiers Sud de Marseille, « est un véritable enfer pour les vélos », témoignent des usagers.
En cause : le stationnement anarchique de camions de livraison.
« On risque de se faire percuter »
11h20, ce jeudi 4 décembre 2025. Dans le centre de Marseille, la circulation est complètement bouchée dans le bas de la rue Paradis. Un poids lourd qui n’avait sans doute pas prévu ce tourne-à-gauche à 90° au niveau de la place du Général-de-Gaulle manœuvre tant bien que mal. Entre deux coups de klaxon, les voitures sont à l’arrêt.
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Les vélos, eux, ne devraient pas être impactés. Une bande cyclable leur garantit (normalement) une partie de la chaussée pour circuler dans l’autre sens, en direction du sud de la ville. Samia, un pied à terre, se retrouve pourtant bloquée :
Comme d’habitude ici, c’est un vrai parcours du combattant. C’est l’anarchie. Franchement, ce n’est pas une bande cyclable, c’est plutôt une voie de livraison. Il y a des camions qui se garent à cheval sur le trottoir tout le long et, ça, à n’importe quelle heure de la journée. Nous, à vélo, on doit continuellement se déporter et risquer de se faire percuter par ce qui arrive en face.
Samia
Qui se déplace à vélo dans Marseille

La bande cyclable est très régulièrement encombrée, tout le long de son tracé. (©Fabien Binacchi / actu Marseille)
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« Je serre les fesses »
Sur cette portion cossue et très commerçante de cette artère des 1er et 6e arrondissements (elle compte une centaine de boutiques), des aires ont pourtant été aménagées à l’occasion d’une requalification orchestrée par la métropole en 2017. Côté impair. Elles servent à la livraison le matin, et au stationnement à durée limitée l’après-midi.
Pas suffisant ? « C’est toujours la galère, confirme Alexandra, en trottinette. Quand je monte par là pour aller vers le Prado, je serre les fesses. Il faut zigzaguer et faire très attention aux piétons qui sortent derrière les camions, qui cachent toute visibilité. »

En plus des camions, des motos qui déboîtent pour doubler empiètent également sur la bande cyclable. (©Fabien Binacchi / actu Marseille)
« J’ai déjà failli avoir plusieurs fois des accidents comme ça, souffle encore la jeune femme. Et c’est sans compter les motos qui se déportent aussi sur la bande cyclable quand elles le peuvent pour doubler. Nous, on doit survivre entre tout ça. »
Une bordure en béton ?
Jean-Philippe s’est justement déjà fait très peur sur cet axe. « Je ne m’étais pas fait mal mais je suis déjà tombé à cause d’un camion qui se garait là ». Le trentenaire, qui utilise des vélos en libre-service, milite pour la mise en place « d’une bordure en béton pour sécuriser la bande et en faire une vraie piste cyclable ». « Cela découragerait peut-être les véhicules d’aller stationner de ce côté-là de la rue », avance-t-il.
Comme en 2021, la cité phocéenne est arrivée en dernière position du baromètre 2025 de la Fédération française des usagères et usagers de la bicyclette (Fub). 37e… sur 37, parmi les plus grandes villes de France. Elle obtient notamment la plus mauvaise note pour le « ressenti global » des cyclistes, leur « sécurité » mais aussi pour les « efforts » de la métropole, qui gère les travaux de voirie et choisit les aménagements.
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