« Des pros de la montagne »

Pas besoin d’être alpiniste. La Via Alpina est « faisable par la majorité des randonneurs » avec « des étapes pas trop longues », selon Gilles Chappaz. Attention quand même, « ce n’est pas pour les randonneurs du dimanche, il faut avoir la pratique de la montagne. Il y a quelques passages avec des chaînes fixes, par endroits on met un peu les mains » nuance Jean-Yves Garinet.

Habitué du Queyras, ce Toulousain de 66 ans organise chaque année un séjour randonnée pour ses amis. « Sur la Via Alpina, la documentation en ligne est très fiable, je n’ai jamais été surpris par les indications, alors que sur d’autres sites il n’y a pas ce niveau d’exigence. Je pense que les gens qui y ont travaillé sont des pros de la montagne. »

L’été dernier, Jean-Yves Garinet a vécu « une très mauvaise expérience » en Italie, dans les Alpes bergamasques, pris au dépourvu par « deux étapes très difficiles ». « Il y a 40 ans, il y avait une carte et un guide : c’était fiable. Aujourd’hui, la documentation des sentiers est multiple, mélangée à des infos touristiques qui tordent un peu l’idée qu’on se fait de l’endroit. Et les applis de rando n’indiquent pas la difficulté, le terrain, seulement le dénivelé pour les trails. Il y a des gens qui sont surpris, c’est pour ça qu’il y a plus d’accidents. » Voilà pourquoi il reviendra sûrement sur la Via Alpina.

Car rien n’oblige à marcher plus de 2000 km d’une traite. Rares sont ceux qui ont trois ou quatre mois devant eux, l’entraînement requis et un budget non négligeable, entre matériel et nuits en refuges. « La plupart tronçonnent et font une semaine ou 15 jours, chaque année dans un pays différent, observe Gilles Chappaz. Ça peut structurer une vie de randonnée. » Ou être la randonnée d’une vie.

Via Alpina – Mes Alpes intérieures de Patrice Ponza, Éd. La Trace, sortie le 2 avril 2026 en librairies en France et en Suisse. En prévente dès février 2026 sur le site de la maison d’édition ubayenne.