Matvey Safonov n’a pas laissé passer sa chance. Propulsé pour la première fois de la saison dans le onze de départ du Paris Saint-Germain à l’occasion de la 15e journée de Ligue 1, le gardien russe a signé une prestation majuscule lors de la démonstration parisienne contre Rennes (5-0). Appelé à suppléer Lucas Chevalier, touché à la cheville après un tacle de Lamine Camara, l’ancien portier de Krasnodar a affiché une assurance rare pour un joueur privé de temps de jeu depuis de longs mois. Ses premières relances propres ont rapidement donné le ton, mais c’est surtout sa parade exceptionnelle sur la frappe d’Esteban Lepaul, déviée sur le poteau à la 27e minute, qui a complètement embrasé le Parc. Un arrêt décisif, immédiatement suivi du but de Khvicha Kvaratskhelia, qui a changé le cours du match. Safonov a ensuite récidivé en s’envolant sur une tentative dangereuse de Valentin Rongier quelques minutes plus tard. Crédité d’un 7,5 par la rédaction de Foot Mercato, il a traversé la seconde période avec la même sérénité, pour finalement fermer sa cage et signer son premier clean-sheet de la saison. Un retour fracassant, salué par ses coéquipiers : « on est très content de l’avoir avec nous », confiait Senny Mayulu, tandis que Warren Zaïre-Emery rappelait que « peu importe le gardien, on a confiance en eux ». En ce soir de décembre, Safonov a peut-être fait basculer la hiérarchie.
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Si cette première avait une saveur particulière, c’est aussi parce qu’elle intervenait dans un contexte lourd. Arrivé cet été avec le statut de titulaire, Lucas Chevalier enchaîne les prestations contestées. Son manque de régularité, sa fébrilité dans les sorties et sa communication jugée insuffisante lui valent de plus en plus de critiques. L’affaire du like suspect sur une publication d’un membre du RN a encore accentué la défiance, au point que certains supporters réclamaient ouvertement une chance pour Safonov. De son côté, le Russe vivait également des semaines difficiles. Ecarté par Luis Enrique malgré son impatience, il a été sévèrement critiqué dans son propre pays lors de la dernière trêve internationale. Son erreur face au Pérou, qui avait coûté le nul à la Sbornaya (1-1), avait ravivé les doutes. Sport Express parlait d’une « bourde » et d’une jambe « qui a clairement cédé », tandis que son sélectionneur Valery Karpin soulignait qu’« il n’aurait peut-être pas joué » dans un match à enjeu. Même si Vitaly Kafanov, entraîneur des gardiens de la sélection, confirmait qu’il restait « le numéro un », les signaux étaient contradictoires. Autant dire que cette titularisation à Paris ressemblait à un carrefour décisif pour un joueur à la fois sous pression et en quête de reconnaissance.
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«Luis Enrique doit le reconnaître»
En Russie, la réaction a été immédiate et quasi unanime. Matvey Safonov a retourné l’opinion publique de son pays en un match. Sport 24 salue « plusieurs arrêts magnifiques et décisifs » et insiste sur l’importance de ses interventions : « qui sait quel aurait été le résultat sans les interventions brillantes de Safonov ? ». Le média souligne aussi une statistique symbolique : il s’agit déjà de son sixième clean-sheet en 18 matchs sous les couleurs parisiennes, soit « autant que Chevalier en vingt rencontres ». Sport Express parle d’un tournant : « les supporters du PSG réclamaient depuis longtemps une chance pour Safonov. Matvey l’a utilisée à merveille ». Le journal insiste sur la manière dont les réseaux sociaux se sont enflammés « dès son premier arrêt ». Sovietski Sport, lui, résume l’événement en une phrase puissante : « L’attente de 196 jours en valait la peine ! ». Le quotidien décrit « deux arrêts miraculeux » et souligne que sa parade a « initié l’action du but de Kvaratskhelia ». Surtout, le journal va plus loin en estimant qu’il a démontré « sa légère supériorité sur Chevalier » et réclame ouvertement une continuité : « Il ne reste plus qu’à Luis Enrique à le reconnaître et à titulariser Matvey plus régulièrement ». Championnat conclut dans le même sens : « C’est le match que nous attendions tous. Matvey a joué comme si cette longue interruption n’avait jamais existé ». Pour la presse russe, un nouveau duel est né à Paris… et il penche déjà clairement vers le Russe.
La performance de Safonov contre Rennes a également trouvé un écho fort dans les déclarations de Vitaly Kafanov, l’entraîneur des gardiens de la sélection russe. Déjà, avant cette rencontre, Kafanov martelait que « Matvey est le numéro un » en Russie, malgré son absence de temps de jeu au PSG. Mais après Rennes, son discours s’est encore durci. Interrogé par Championnat, il a estimé que « les chances de Safonov d’être titulaire sont désormais très élevées ». Et d’ajouter : « J’espère qu’après ce match, le staff du PSG fera confiance à Matvey ». Une prise de position nette, presque militante, qui résonne avec l’analyse de Sovietski Sport, lequel juge que Safonov « a démontré sa compétitivité et sa supériorité sur Chevalier ». Le média insiste sur son calme, en contraste avec « l’agitation parfois excessive de Chevalier ». Dans un pays qui l’avait sévèrement critiqué il y a encore un mois après son erreur contre le Pérou, cette volte-face médiatique et institutionnelle est spectaculaire. Safonov, renvoyé prématurément à Paris lors du dernier rassemblement russe, semble désormais redevenu le symbole d’une sélection qui attend son retour au premier plan. En France, sa prestation contre Rennes ravive une question qui paraissait tranchée.
Pub. le 07/12/2025 19:34
– MAJ le 07/12/2025 19:41