Opinion
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Taxe sur les billets d’avion; quand certains y songent en Suisse, d’autres l’abandonnent en Europe
Lettre du jour du lundi 8 décembre.
Commentaire
Philippe Meyer
Publié aujourd’hui à 07h04
Aéroport de Genève.
24 heures/Marie-Lou Dumauthioz
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Alors qu’en Suisse, certains cercles politiques songent à introduire une taxe sur les billets d’avion, une évidence s’impose ailleurs en Europe: cette mesure n’a jamais été un outil de politique climatique, mais un impôt socialement injuste et économiquement contre-productif. Il y a quelques mois, la décision de la Suède de supprimer sa taxe sur les billets d’avion, qui pouvait atteindre 46 euros par passager, marque un tournant majeur. Stockholm a constaté que cette mesure n’avait réduit ni les émissions ni la demande, qu’elle n’avait apporté aucune amélioration environnementale mesurable, tout en pénalisant d’abord les ménages modestes et les petites entreprises dépendantes de la connectivité aérienne.
Cette constatation n’est pas isolée. L’Allemagne, longtemps championne de la fiscalité environnementale, s’apprête, elle aussi, à supprimer sa taxe sur les billets d’avion, après avoir observé l’absence totale d’effets sur le climat et les conséquences négatives très concrètes sur les voyageurs aux revenus modestes, ainsi que sur la compétitivité de ses PME exportatrices, dont la mobilité est vitale. Contraint par la réalité économique, Berlin revient à la raison.
Ces renoncements successifs actent l’échec d’une fausse bonne idée, inopérante dans les faits. Toutes les analyses convergent: une taxe sur les billets d’avion ne réduit pas les émissions de CO₂, mais agit puissamment sur les budgets mobilité des classes moyennes et populaires. Elle prive des familles de visites de proches, décourage des étudiants de voyager (les voyages ne forment-ils plus la jeunesse?) et limite les opportunités commerciales des petites entreprises. Bref, elle fragilise ce que le transport aérien a démocratisé depuis quarante ans: la possibilité pour chacun, et non seulement pour les plus fortunés, de se déplacer, découvrir de nouveaux horizons, travailler ou se former à l’étranger ou simplement rejoindre ses proches.
Il est temps de le reconnaître: cette taxe n’est qu’un symbole de greenwashing. Elle ne finance ni la transition énergétique ni la recherche et ne contribue en rien à la décarbonation du secteur. L’avenir de l’aviation réside dans les carburants d’aviation durables, la modernisation technologique, l’optimisation des trajectoires et la coopération internationale – certainement pas dans un impôt punitif sans effet climatique.
Alors que nos voisins reviennent sur leurs erreurs, certains en Suisse s’interrogent encore. Ils feraient mieux d’apprendre de l’exemple de la Suède et de l’Allemagne: renoncer à une taxe inefficace et injuste et concentrer tous nos efforts sur les investissements qui font réellement avancer la transition écologique.
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