Diplômée en droit, elle fait l’objet d’une vingtaine de plaintes mais n’avait jamais été convoquée devant un tribunal auparavant. Pour l’eurodéputée Insoumise Rima Hassan, la comparution prévue ce mercredi matin au tribunal judiciaire de Strasbourg est donc une première. Elle l’opposera à Anne-Pernelle Richardot. La conseillère métropolitaine et conseillère municipale socialiste avait déposé plainte avec constitution de partie civile le 18 décembre 2024 pour « injures envers un citoyen chargé d’un mandat public », après un de ces tweets assassins dont Rima Hassan est coutumière.

« Personne n’oubliera »

Retour sur les fils de discussion sur X, trois semaines auparavant, alors que la guerre fait rage à Gaza. L’Insoumise se voit refuser une conférence sur la Palestine par l’ancien président de l’Université de Strasbourg Michel Deneken (interdiction jugée illégale par le tribunal administratif de Strasbourg quelques jours plus tard N.D.L.R.). « Une décision courageuse », tweete Pernelle Richardot : « Il est temps que notre université arrête de servir de tribune aux soutiens de groupuscules islamistes ! » En réaction, Rima Hassan la qualifie d’ « islamophobe assumée du PS » et de membre de « la gauche coloniale » et conclut son post par un ambigu « Personne n’oubliera ». Anne-Pernelle Richardot a demandé depuis la protection fonctionnelle de la Ville de Strasbourg.

Pilier de l’opposition à la municipalité écologiste, l’élue, qui avait largement relayé sa plainte dans les médias, se rendra à l’audience. On ignore en revanche si Rima Hassan sera présente, la session au Parlement européen de Strasbourg n’ayant lieu que la semaine prochaine. D’autres personnalités ont annoncé la poursuivre en justice après des posts menaçants, dont l’imam Hassen Chalgoumi, réputé proche de la communauté juive, se disant victime d’une « fatwa » numérique, l’eurodéputé LR François-Xavier Bellamy pour « menaces de mort » et l’ancienne porte-parole du gouvernement Priscat Thévenot, victime avec sa famille de violent cyberharcèlement après un déplacement en Israël.

En février dernier, l’ex-ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau avait saisi le procureur de la République pour apologie du terrorisme, Rima Hassan ayant jugé l’action du Hamas « légitime du point de vue du droit international ».