L’exposition Guimet +, La Chine ouvre au Musée Fabre offrant un panorama inédit de l’art chinois, réunissant une trentaine de chefs-d’œuvre nationaux pour retracer plusieurs millénaires de création. Du bronze rituel du XIIIe siècle avant notre ère aux porcelaines impériales du XVIIIe siècle, ce parcours thématique dévoile à Montpellier un concentré rare de prestige, de beauté et de savoir-faire.
Que sait-on vraiment de l’art chinois ? Les vases Ming, la peinture à l’encre, la calligraphie… et peut-être l’impressionnante armée de terre cuite de Xi’an. Grâce au dispositif Guimet + (déjà en place à Clermont-Ferrand et Digne-les-Bains), qui débute ce week-end au département des arts décoratifs du Musée Fabre, une trentaine de chefs-d’œuvre issus des collections nationales y dévoilent plusieurs millénaires de création chinoise. Ce condensé d’œuvres occupe tout le deuxième étage du bâtiment, réaménagé pour l’occasion.
Les quatre expositions prévues jusqu’en fin 2029 – après la Chine, le Monde indien, le Japon et le Monde himalayen – sont présentées sous un angle thématique : Prestige, Beauté, Sacré et Transgression. Elles incluront des dispositifs interactifs et sensoriels et les chefs-d’œuvre originaux seront enrichis d’œuvres des collections territoriales.

La collection d’objets de Colette Richarme avec les petits chaussons.
Midi Libre – Tom Serrano
Des objets collectionnés à Montpellier
Dans ce cadre, cette première exposition présente des objets ayant appartenu à l’artiste montpelliéraine Colette Richarme, issus des malles de son père, négociant en soie (chaussures miniatures, éventails, grande tenture représentant des figures de l’opéra chinois). Au sein de la même pièce introductive, est évoquée l’importance du lettré (comme le fut Confucius), avec un environnement visuel « très zen » évoquant la pensée et la poésie.

« dames de cour » de la période Tang.
Midi Libre – Tom Serrano
Trangression et Beauté
Dans les sections Transgression et Beauté, sont présentées différentes céramiques (assiettes, « dames de cour » de la période Tang), un petit miroir, un grand vase carré rassemblant de nombreux personnages, ainsi qu’une étonnante plaque de jade sculpté mettant en scène les Sept Sages de la forêt de bambous. De petites vidéos racontent des histoires transgressives, tandis qu’une section olfactive propose des fragrances typiques (fleur de pêcher, bois d’aigle).

L’un des nombreux vases de l’exposition.
Midi Libre – Tom Serrano
Des vases remarquables
La section Prestige présente des objets symbolisant la puissance et le luxe de l’Empire. On y voit un sceptre en jade de la dynastie Qing, entre deux vases remarquables, dont un quadrangulaire en émail à dominante bleue. On y découvre aussi des vases en porcelaine du XVIIIe siècle d’une finesse remarquable : une paire au décor « mille fleurs » et un grand vase impérial orné de phénix et de dragon, tel un yin et un yang. C’est également dans cette section que se trouve la pièce la plus ancienne : un bronze datant du XIIIe siècle avant notre ère.

Sculpture d’un ermitage dans du bois de bambou.
Midi Libre – Tom Serrano
Le religieux
La dernière section se tourne vers le Sacré, évoquant les trois grandes traditions religieuses chinoises historiques (confucianisme, taoïsme et bouddhisme). On y découvre un petit bronze représentant Laozi assis, proche d’une scène d’ermitage dans les montagnes taillée dans le bambou, d’une délicatesse saisissante, ainsi qu’une autre plaque de jade sculpté symbolisant les liens entre la terre et le cosmos. On quitte l’exposition en croisant le regard d’un Bodhisattva serein. Nous voilà apaisé.
Guimet +, La Chine, du 13 décembre au 1er novembre 2026, du mardi au dimanche de 14 h à 18 h. Hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran, 6 rue Montpelliéret, Montpellier. Tarifs : 3 et 5 €.