Du 28 janvier au 1er février, La Folle Journée rassemble 300 concerts inspirés des grands fleuves du monde. Créations, jeunes interprètes et ensembles invités composent une édition qui relie les rives du monde.

La préparation de la trente-deuxième mouture des Folles Journées s’est déroulée pendant une période de turbulences à la suite de la démission de son fondateur historique. Le festival a pourtant consolidé son ancrage nantais, fidèle à la Cité des congrès. L’essentiel se trouve dans la programmation, pensée comme un parcours géographique et sonore. Le public remonte le Danube, longe les bords de la Moldau, traverse les rives du Mississippi et retrouve la Loire, fil conducteur discret d’une histoire française nourrie par les cours royales et les châteaux de la Renaissance.

Le thème n’est pas décoratif. Il s’incarne d’abord dans les œuvres, de la Moldau de Smetana aux pages viennoises de Strauss. Il traverse aussi les projets originaux qui donnent à l’édition son caractère singulier. La pianiste Vanessa Wagner donnera la création française de la Sonate de Philip Glass, écrite en 2019 et encore inédite sur les scènes nationales. Le Quatuor Diotima présentera Ziggurat, pièce du compositeur Sina Fallahzadeh imaginée comme un édifice sonore aux confins du Tigre et de l’Euphrate. Une autre création, Salve(s), résonnera autour du Danube, portée par l’Orchestre symphonique du Conservatoire de Nantes.

Plusieurs formations confèrent une couleur nouvelle à l’affiche. L’Orchestre philharmonique d’Hradec Králové incarne la tradition d’Europe centrale, avec Smetana et Dvořák comme repères. L’American Spiritual Ensemble évoque l’histoire du Mississippi par la mémoire du gospel et des negro spirituals. La Capella de la Torre révélera la Loire telle qu’elle résonnait au temps des cours royales. Le Johann Strauss Ensemble apporte pour sa part son élégance viennoise, familière, mais jamais figée.

La programmation réserve aussi des moments de transmission. La jeune pianiste Sophia Liu jouera Le Fleuve jaune, concerto majeur de la tradition chinoise contemporaine. Belle Ting, Eva Zavaro ou Arielle Beck abordent les grands concertos avec une fraîcheur qui renouvelle l’écoute. Ce sont souvent ces passages de relais qui construisent le récit du festival.

Ce programme dense conserve ses repères : formats courts, circulation fluide entre les salles, accueil renforcé pour les familles. En un même après-midi, l’oreille peut glisser d’un oratorio baroque à un ensemble de percussions contemporaines ou à un concerto romantique.

Dans cette période de réorganisation, la Folle Journée confirme que la ville sait transformer quelques jours d’hiver en un espace ouvert, traversé par les publics et les imaginaires. L’édition 2026 se lit comme une carte du monde offerte à la hauteur d’écoute de chacun.

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La Folle Journée 2026 « Les Fleuves »

300 concerts, 2 000 artistes

Du 28 janvier au 1er février

Cité des congrès de Nantes et Espace CIC Ouest

De 0 à 39 euros

Ouverture de la billetterie le samedi 13 décembre à 9h

follejournee.fr → Réservations