Le maire dispose d’une liberté dans la désignation de ses adjoints et leurs délégations, dans la limite d’une proportion fixée par le Code général des collectivités territoriales. À Saint-Étienne, avec 59 sièges au conseil municipal (dont 56 actuellement occupés après plusieurs démissions, laissant trois sièges vacants suite à l’épuisement de la liste de 2020), un maximum de 22 adjoints était envisageable, incluant cinq postes liés à des missions de quartier.

La règle de parité s’applique strictement lors de la désignation des adjoints : la liste globale soumise au vote doit alterner hommes et femmes à un élu près, le maire ne comptant pas dans ce calcul. Cette liste fera l’objet d’une délibération distincte de celle portant sur l’élection du maire ce jeudi.

Un exercice comptable complexe

Actuellement, 20 adjoints sont en place, dont 9 hommes (un déséquilibre expliqué par les remplacements successifs). Mais il faut retrancher Jean-Pierre Berger, futur maire probable, ainsi que Gilles Artigues, troisième adjoint dont le maintien pour ces trois derniers mois semblerait surréaliste, même si aucune confirmation officielle de son départ n’a été donnée. Lionel Boucher, proche d’Artigues contacté lundi, ne voyait cependant pas les choses autrement. Il convient toutefois de rappeler que la vie politique stéphanoise évolue dans un climat surréaliste depuis plus de trois ans.

Sept adjoints masculins potentiels

Restent parmi les adjoints masculins actuels Marc Chassaubéné, futur premier adjoint, et six autres : Frédéric Durand, Charles Dallara, Thierry Nictheu, Lionel Jouffre, Abdelouahb Bakli et Jean-Pierre Kotchian. Problème : les trois premiers avaient signé le communiqué des douze élus menés par Siham Labich s’opposant à Marc Chassaubéné. Accepteront-ils tous de siéger dans l’équipe du binôme Berger-Chassaubéné, ou réservent-ils des surprises Dans l’hypothèse la plus favorable où ils accepteraient tous, cela représenterait 7 adjoints masculins.

Conclusion mathématique : sans Gilles Artigues et avec Jean-Pierre Berger devenu maire, le nombre maximal d’adjoints, en respectant l’alternance homme-femme obligatoire, ne peut excéder 18, à condition que les 9 élus masculins restants de la majorité acceptent tous cette fonction. Il est tout à fait possible que seuls 6, 7 ou 8 d’entre eux donnent leur accord, ramenant le total à 12, 14 ou 16 adjoints au lieu des 20 actuels.

Une délibération à géométrie variable

Pourtant, la délibération n°2 figurant dans l’ordre du jour du conseil municipal de jeudi propose officiellement de « maintenir le nombre d’adjoints au Maire à 20 et demande à l’assemblée d’ »arrêter le nombre d’adjoints à 20.

Saint-Étienne s’apprête donc à vivre un conseil municipal où la parité, principe fondamental de l’égalité républicaine, pourrait paradoxalement contraindre la taille de l’équipe dirigeante par manque d’élus masculins disponibles et volontaires. Une situation inédite qui illustre une fois de plus les rebondissements de la vie politique locale.