La Prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, et le premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, s’adressent à la presse lors d’une conférence de presse jeudi 11 décembre 2025 dans les locaux du gouvernement norvégien, à Oslo. La Prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, et le premier ministre norvégien, Jonas Gahr Store, s’adressent à la presse lors d’une conférence de presse jeudi 11 décembre 2025 dans les locaux du gouvernement norvégien, à Oslo. ODD ANDERSEN / AFP

Il s’agit de sa première prise de parole en public depuis près d’un an. L’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025, a assuré, jeudi 11 décembre à Oslo (Norvège), qu’elle ferait tout son possible pour rentrer au Venezuela, où elle compte poursuivre sa lutte afin d’y mettre fin à la « tyrannie ».

Mme Machado, qui n’a pu assister la veille à la cérémonie de remise de son prix, est arrivée jeudi dans la nuit au Grand Hotel, où descendent habituellement les lauréats, après un voyage pour lequel, a-t-elle dit, « tant de personnes ont risqué leur vie ». Récompensée du Nobel en octobre pour ses efforts en faveur d’une transition démocratique au Venezuela, l’opposante de 58 ans, qui vivait jusqu’alors cachée dans son pays, a promis de « finir le travail » pour établir la démocratie dans son pays.

« Je suis venue pour recevoir le prix au nom du peuple vénézuélien et je le rapporterai au Venezuela au moment adéquat », a-t-elle déclaré à la presse jeudi matin en visitant le Parlement norvégien. « Je ne dirai pas quand ni comment cela se fera mais je ferai tout [mon] possible pour pouvoir rentrer et aussi mettre fin à cette tyrannie très bientôt », malgré les risques d’être arrêtée, a-t-elle ajouté.

Au cours d’une conférence de presse, Mme Machado a aussi remercié « tous ces hommes et ces femmes qui ont risqué leur vie pour que je puisse être ici aujourd’hui ». « Un jour, je pourrai vous raconter, car je ne veux certainement pas les mettre en danger maintenant », a-t-elle ajouté.

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« Un voyage de danger extrême »

Maria Corina Machado est entrée en clandestinité au Venezuela en août 2024, quelques jours après une élection présidentielle à laquelle elle a été empêchée de se présenter. Elle n’avait pas été vue en public depuis le 9 janvier, lors d’une manifestation à Caracas.

C’est sa fille, Ana Corina, qui, mercredi, a reçu le prix et a lu pour elle un discours de remerciements. « Pour avoir la démocratie, nous devons être prêts à nous battre pour la liberté », a-t-elle déclaré dans le discours lu à l’hôtel de ville d’Oslo, en présence de nombreux membres de la famille de la lauréate, du président argentin Javier Milei et d’autres chefs d’Etat latino-américains de droite radicale. Evoquant les arrestations, les tortures et la chasse aux opposants, elle a fustigé « des crimes contre l’humanité, documentés par les Nations unies » et « un terrorisme d’Etat déployé pour étouffer la volonté du peuple ».

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Le comité Nobel a évoqué « un voyage en situation de danger extrême » pour justifier l’absence de la lauréate mercredi. On ignore comment Maria Corina Machado a réussi à quitter le Venezuela, où la justice la recherche pour « conspiration, incitation à la haine et terrorisme », et comment elle compte faire pour y retourner.

« Elle risque d’être arrêtée si elle rentre, même si les autorités ont fait preuve de plus de retenue avec elle qu’avec beaucoup d’autres parce qu’une arrestation aurait une portée symbolique très forte », a expliqué Benedicte Bull, spécialiste de l’Amérique latine de l’université d’Oslo.

Proximité avec les idées de Donald Trump

La réapparition de l’opposante a lieu en pleine crise entre le Venezuela et les Etats-Unis, qui ont déployé depuis août une imposante flottille en mer des Caraïbes, officiellement pour lutter contre le narcotrafic, causant 87 morts. Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, accuse Washington de vouloir le renverser pour s’emparer du pétrole de son pays.

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Maria Corina Machado, bête noire de M. Maduro, est critiquée par certains pour la proximité de ses idées avec celles du président américain Donald Trump, auquel elle a dédié son Nobel, et soutient ce déploiement américain.

Les Etats-Unis, l’Union européenne et de nombreux pays d’Amérique latine refusent de reconnaître les résultats de la présidentielle de 2024, qui a permis au socialiste Nicolas Maduro d’enchaîner un troisième mandat de six ans. L’opposition accuse le pouvoir de fraude et a revendiqué la victoire de son candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, aujourd’hui en exil et également présent à Oslo mercredi.

Le comité Nobel a exhorté le président vénézuélien à quitter le pouvoir. « M. Maduro, acceptez les résultats de l’élection et retirez-vous », a lancé son président, Jorgen Watne Frydnes, sous des applaudissements nourris.

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Le Monde avec AFP

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