© K. Sarrazin - Fait rare pour un site industriel : il est recouvert de grandes fresques en hommage à Charles de Gaulle et au porte-avions qui porte son nom.

© K. Sarrazin – Fait rare pour un site industriel : il est recouvert de grandes fresques en hommage à Charles de Gaulle et au porte-avions qui porte son nom.

Si le branchement électrique des navires à quai vient tout juste de devenir réalité au sein du port de commerce de Toulon, de l’autre côté de la rade, au sein de la base navale, il fait partie du quotidien depuis plusieurs décennies. En « mode normal », les bâtiments de la Marine nationale sont reliés au courant du réseau RTE. Parmi eux, figure notamment le Charles-de-Gaulle.

Et en cas de panne, le porte-avions dispose d’une centrale de production électrique pour parer à toute rupture de l’alimentation. « La base navale doit rester un phare dans la nuit », fait remarquer l’ingénieur en chef Stéphane Nardelli, directeur adjoint du Service d’infrastructure de la défense (SID) Méditerranée.

Nouvelle centrale électrique : une source de repli quasi infaillible

Le SID est le maître d’œuvre du chantier mené depuis janvier 2023, après cinq ans d’études, au niveau du quai Milhaud 6 qui abrite le Charles-de-Gaulle, pour construire une nouvelle centrale électrique en remplacement de l’ancienne devenue vétuste.

© K. Sarrazin – Le capitaine de vaisseau Pierre Suleau, commandant la base navale de Toulon, et l’ingénieur en chef Stéphane Nardelli.

L’objectif est de répondre aux nouvelles exigences en matière de cybersécurité ou de nucléaire. Par ailleurs, elle se compose de trois groupes électrogènes, au lieu de deux précédemment. « Quand un groupe est en maintenance, il y en a donc toujours un de secours », explique l’ingénieur en chef Stéphane Nardelli.

Un seul groupe permet d’alimenter sur une année une ville comme Saint-Mandrier, les trois réunis celle d’Ollioules.

« C’est une source de repli quasi infaillible, que le Charles-de-Gaulle soit basé à Milhaud 6 ou en entretien à Vauban. »

15 M€ d’investissement pour alimenter le Charles-de-Gaulle

La construction de la nouvelle centrale, en service depuis septembre, s’inscrit dans le cadre du programme d’infrastructure Renovelec et a nécessité un investissement de 15 M€.

« La construction d’une telle installation n’est pas banale : le savoir-faire est peu répandu », note l’ingénieur en chef. Le groupement titulaire des dix marchés publics lancés pour l’occasion est composé de Degreane (titulaire), Leon Grosse (génie civil), Provelec Sud (terrassement, voirie, réseaux) et SDMO-Kohler (groupes électrogènes et cuves).

Il a fallu surmonter plusieurs défis : non seulement les travaux se situent en bordure d’une zone protégée mais les fondations reposent sur 120 pieux posés dans une zone marécageuse, la cuve est enterrée…

© K. Sarrazin – L’histoire de la Marine, qui fête l’an prochain ses 400 ans, représentée sur les installations électriques. Des fresques artistiques sur un site industriel

Autre particularité de cette installation : de grandes fresques, réalisées par le consortium d’artistes Graphikart et par l’illustrateur Daniel Bechennec, recouvrent ses façades. Elles représentent l’évolution des navires de la Marine à travers l’histoire ainsi qu’un portrait du général de Gaulle, en référence au nom du porte-avions.

Quant au porte-avions nouvelle génération, qui doit arriver en rade de Toulon d’ici 2037, il disposera de ses propres installations au sein d’un village industriel complet.