En septembre dernier, une femme de 47 ans avait été interpellée après l’incendie volontaire d’un Renault Trafic dans une garrigue proche de Montpellier. Alcool, toxicomanie et grande précarité se mêlent dans cette affaire, jugée mercredi 10 décembre au tribunal correctionnel.

Elle a reconnu avoir mis le feu au Renault Trafic que son ex venait d’acheter. Près d’un squat occupé par plusieurs personnes, et en pleine garrigue, avec toutes les conséquences dramatiques que cela aurait pu avoir. « C’était le seul moyen pour lui montrer que j’étais en colère. C’est sûr que je regrette », confie dans le box du tribunal correctionnel de Montpellier, cette femme de 47 ans, en grande précarité et toxicomane depuis de nombreuses années.

« Il l’avait acheté avec mon argent »

Selon elle, son ancien compagnon avait détourné son RSA (revenu de solidarité active) pour se payer son véhicule. « Il l’avait acheté avec l’argent qu’il m’avait pris », dénonce-t-elle à nouveau à l’audience, ce mercredi 10 décembre, alors qu’elle est en détention provisoire depuis les faits.

Le 12 septembre dernier, dans un coin de campagne de Saint-Jean-de-Védas, les gendarmes la voient passer près d’eux, alors qu’ils contrôlent un véhicule. Elle se dirige vers un lieu squatté, puis revient. Un instant après, des jeunes signalent qu’un fourgon est en train de brûler près de l’habitation de fortune. Ses occupants, interrogés par les militaires, donnent le nom de l’auteure présumée de l’auteure présumée des faits, qui selon eux, aurait mis le feu « comme chaque fois qu’elle a un problème à régler ».

Un tissu enflammé jeté sur le siège

Interpellée, la quadragénaire est en possession d’une boisson alcoolisée et positive à l’éthylotest. Lors de son audition par les gendarmes, elle avoue avoir jeté un tissu enflammé sur un siège du fourgon. Elle explique aussi avoir tenté de régler le problème avec l’intéressé mais avoir été violentée. « Il m’a volé mon portable et m’a frappée ». Il est aussi question de jalousie, depuis que son ex avait une nouvelle compagne.

Drame de la détresse sociale. L’expert psychiatre a diagnostiqué une « toxicomanie sévère », un « grave trouble de l’humeur », une « personnalité explosive ». La prévenue, neuf mentions au casier judiciaire pour violences aggravées et vol par effraction, est mère de deux enfants de 17 et 14 ans, placés chez leur père.

« Victime de chantage sexuel »

Son avocate, Me Laurie Peytavin, voit dans cet incendie « un geste désespéré qu’elle regrette amèrement ». Elle rappelle que sa cliente a fait l’objet de « chantage aux actes sexuels de la part de son ex. La victime de cet incendie avait fait de madame sa propre victime ».

Le tribunal l’a condamnée à seize mois de prison dont dix avec sursis probatoire, obligation de soins en addictologue et psychiatrie, et obligation de travailler.