Il aurait été bien plus compliqué de stationner une camionnette et d’ériger une échelle, depuis le trottoir jusqu’à la fenêtre de la galerie d’Apollon, dans ces conditions. Près de deux mois après le spectaculaire casse du Louvre, survenu dans la matinée du dimanche 19 octobre, les abords du célèbre musée parisien se barricadent.

Ces dernières heures, le trottoir du quai François-Mitterrand (Ier) – qui longe l’établissement culturel côté Seine – a vu la pose de mobiliers urbains. « Des potelets et des barrières dites en croix de Saint-André » ont été installés en bordure de trottoir, est-il indiqué dans la newsletter de Paris Centre.

« L’espace où le camion s’est arrêté est inaccessible »

Ce vendredi matin, presque l’ensemble du trottoir, de l’entrée sud de la Cour Carrée jusqu’à l’intersection avec la place du Carrousel a été équipé de ces installations pérennes, a constaté Le Parisien sur place. La pose est intervenue dans la semaine et devrait s’achever dans les prochains jours.

Quai François-Mitterrand (Ier), ce 12 décembre 2025. Le nouveau mobilier urbain empêche tout véhicule de monter sur le trottoir qui longe le musée du Louvre. LP/Paul AbranQuai François-Mitterrand (Ier), ce 12 décembre 2025. Le nouveau mobilier urbain empêche tout véhicule de monter sur le trottoir qui longe le musée du Louvre. LP/Paul Abran

« L’espace où le camion s’est arrêté est inaccessible maintenant », remarque Daniel, ce quadragénaire californien en vacances dans la Ville Lumière. Un groupe d’étudiants en congés, se prenant en photo devant la fameuse fenêtre découvre également ces dispositifs tout juste fixés au sol. « Je me disais qu’il n’y avait pas de barrières sur les images de la camionnette », commente, à juste titre, l’un d’eux.

Dans un premier temps, « le Louvre avait installé des blocs de granits, sûrement une préconisation de la préfecture de police, puis nous a sollicités », indique Ariel Weil, maire (PS) de Paris Centre. « La municipalité intervient à la demande du Louvre avec ce mobilier parisien assez élégant », poursuit l’élu. Un dispositif qui « n’avait jamais été déployé à cet endroit auparavant », pour de multiples raisons, « notamment patrimoniales ».

Les 4 membres du commando interpellés

Le 19 octobre au matin, quatre malfaiteurs ont réussi à s’emparer de bijoux de la Couronne française d’une valeur estimée à 88 millions d’euros. À l’aide d’une nacelle élévatrice, les cambrioleurs ont atteint un balcon du premier étage côté Seine avant de forcer une fenêtre à la disqueuse pour pénétrer dans la prestigieuse Galerie d’Apollon qui abrite la collection royale de gemmes et les diamants de la couronne.

Paris, France, le 19 octobre 2025. Le musée du Louvre a été cambriolé par plusieurs malfaiteurs grâce à une nacelle et une grande échelle. LP/Olivier CorsanParis, France, le 19 octobre 2025. Le musée du Louvre a été cambriolé par plusieurs malfaiteurs grâce à une nacelle et une grande échelle. LP/Olivier Corsan

L’opération n’a duré que sept minutes chrono, dont seulement quatre passées à l’intérieur du musée. Les voleurs ont pris la fuite à moto. Deux suspects ont été interpellés dans les jours suivants, Ayed G., qui s’apprêtait à prendre un vol pour l’Algérie, et Abdoulaye N. Puis un troisième homme, Slimane K., soupçonné d’avoir piloté l’un des deux scooters.

Fin novembre, la brigade de répression du banditisme de Paris a interpellé un homme soupçonné d’être le quatrième membre du commando, ainsi que trois personnes de son entourage.

Ce casse spectaculaire a mis au jour de graves failles de sécurité au sein du célèbre établissement parisien, présentées au Sénat ce 10 décembre par l’inspection générale des affaires culturelles. L’enquête, elle, se poursuit pour retrouver les bijoux.