Le tribunal administratif de Paris a tranché jeudi : les soirées dansantes organisées à l’Aquarium de Paris, dans le XVIe arrondissement, doivent cesser. Une décision qui met fin à une bataille juridique menée depuis plusieurs années par les associations de défense des animaux, qui dénoncent une pratique illégale.

Saisi par l’association Sea Shepherd France, le tribunal a considéré que le préfet de police devait, au titre de sa police des établissements présentant des animaux en captivité, « mettre fin à l’organisation d’événements musicaux et dansants au sein de l’Aquarium de Paris » et lui enjoint « d’y procéder sans délai ». À défaut, il devra ordonner la fermeture de l’établissement.

Une interdiction stricte depuis 2021

L’affaire remonte à 2023, lorsque Sea Shepherd France avait demandé au préfet de police de mettre un terme à ces soirées. En cause : la loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale, qui interdit explicitement « de présenter des animaux domestiques ou non domestiques en discothèque ».

Dans sa décision, le tribunal a estimé que « lorsque des événements destinés principalement à la diffusion de musique et à la danse y sont organisés, l’Aquarium de Paris doit être qualifié de discothèque au sens du code de l’environnement ». En se référant aux travaux préparatoires de la loi de 2021, les juges ont considéré que toute présentation d’animaux dans les discothèques était interdite, « sans qu’aucun aménagement ou exception ne puisse être autorisé ».

Face au refus du préfet de police de donner à la suite de la demande de l’association, le tribunal a jugé cette inaction illégale.

Mobilisation des associations depuis 2023

Cette décision constitue une victoire pour les défenseurs de la cause animale. « L’industrie de la captivité est décidément prête à tout pour faire du profit, c’est scandaleux ! », a réagi Amandine Sanvisens, cofondatrice de l’association PAZ (Projet Animaux Zoopolis), qui s’est également mobilisée sur ce dossier. Selon PAZ, qui avait organisé plusieurs manifestations en 2023 et 2024, « l’inaction de la préfecture est révoltante ».

L’association avait notamment saisi le Conseil de Paris, qui avait adopté un vœu en février 2024 demandant à l’Aquarium de réduire le nombre de soirées et s’engageant à interdire explicitement ces événements lors du renouvellement du bail en 2035.

L’Aquarium – Le Club, situé dans les sous-sols des jardins du Trocadéro, peut accueillir jusqu’à 2084 personnes, entourées de plus de 500 espèces de poissons. Le local appartient à la Ville de Paris. « PAZ va veiller de près au respect de cette décision de justice et ira vérifier », a prévenu Amandine Sanvisens.