Vous avez peut-être un de ces médicaments dans votre armoire à
pharmacie. Et pourtant, selon la revue Prescrire, il
vaudrait mieux les éviter. En effet, l’édition 2026 de son rapport
annuel épingle quatre nouveaux traitements, en plus des
104 déjà identifiés,
jugés inefficaces, ou pire, dangereux. « À
choisir des soins de qualité et éviter des dommages
disproportionnés », rappelle la publication indépendante, qui
veut guider patients et soignants vers des choix plus sûrs.
Les nouveaux entrants sur la liste noire ne sont pas des
inconnus. D »ailleurs, on y trouve par exemple le
fézolinétant (Veoza), prescrit
pour soulager les bouffées de chaleur de la
ménopause, ou encore le géfapixant
(Lyfnua), destiné à traiter la toux chronique.
Problème : les effets indésirables seraient trop fréquents ou trop
graves, comparés aux bénéfices attendus.
Des traitements autorisés, mais dont l’intérêt est
contesté
En 2026, ce sont donc l’andexanet alfa,
la chondroïtine, le fézolinétant
et le géfapixant qui font leur entrée dans la
liste noire. Tous partagent, selon la publication,
la caractéristique suivante : « une balance bénéfice-risques
défavorable ». Certains, comme l’andexanet alfa, utilisé à
l’hôpital pour inverser l’effet d’anticoagulants, augmenteraient le
risque de thrombose. D’autres, comme la
chondroïtine, prescrite dans l’arthrose, peuvent entraîner des
réactions allergiques.
Le cas du fézolinétant est tout aussi problématique : ce
traitement non hormonal expose à des risques hépatiques importants,
des troubles digestifs ou
neuropsychiques. Quant au géfapixant, souvent
prescrit contre la toux chronique, il s’accompagne de
troubles du goût très fréquents, voire
d’infections respiratoires et de problèmes urinaires.
Prescrire alerte : « La disponibilité d’un
médicament ne garantit pas son intérêt thérapeutique. »
Autrement dit, le fait qu’un produit soit autorisé et vendu en
pharmacie ne signifie pas qu’il est utile ou sans danger.
Spasfon, sirops, pastilles : les autres
médicaments dans le viseur
Au total, 108 médicaments sont classés
« à écarter » en 2026, dont 89
encore commercialisés en France. Certains sont massivement utilisés
depuis des années. C’est le cas du Spasfon
(phloroglucinol), vendu sans ordonnance et
remboursé à hauteur de 26,5 millions de boîtes en
2023. Pourtant, selon le rapport partagé par 20 minutes,
ce traitement est d’une efficacité douteuse et expose à des
risques allergiques graves.
D’autres produits visés concernent les troubles hivernaux.
Certains sirops contre la toux, comme l’oxomémazine
(Toplexil) ou l’ambroxol (Muxol), sont
considérés comme peu efficaces, avec des effets secondaires lourds
(somnolence, réactions anaphylactiques). Côté pastilles,
l’alpha-amylase (Maxilase) est jugée inutile
contre les maux de gorge et peut provoquer des réactions
allergiques sévères.
La revue indépendante insiste : « d’autres options
thérapeutiques ont une meilleure balance », et parfois,
« l’option la plus prudente est de ne pas recourir à un
médicament. »
Les alternatives ne manquent pas : paracétamol
ou naproxène pour les douleurs, Gaviscon en cas de
troubles digestifs, ou simplement du miel pour la gorge. Des choix
plus simples, souvent plus sûrs, d’après le rapport repris par
Science et
Avenir.
Pour conclure, la revue rappelle que son travail annuel n’est
pas un appel à la panique, mais un outil d’aide à la décision :
« une évaluation indépendante des risques afin de guider des
choix de soin plus sûrs et mieux fondés ».